II
Amraon la faveur de le voir, se plonge dans une contemplation ineffable, qui l'absorbe et l'incorpore dans l'être infini (i). L'on reconnaît ici la doctrine des prêtres, dans la plupart de leurs systèmes de philosophie, sur la réunion des êtrespartiels avec la divinité. L'Hercule grec, dévoré par la fatale tunique, aspire à rendre à la terre tout ce qu'il a reçu d'une mère mortelle. Il se place sur un bûcher, la flamme le consume, et le souffle divin qui l'anime se perd dans l'ame de l'univers (2). Aussi la Grèce lui rend-elle un double culte. Il est adoré d'une part comme un héros, de l'autre comme un dieu (3); et il en résulte, dans la mythologie homérique , une fiction singulière, unique dans son genre. Hercule déifié jouit dans l'Olympe d'une félicité sans mélange, et l'ombre d'Hercule gémit aux enfers (4).
(1) Macrob. Satura., I, 20.
(2) Theocrit. Idyll. XXIV, 81. Lucian. Herraotim. 7, et ses commentateurs. Cette fable est copiée presque mot pour mot de celle d'Horus, que nous transmet Plutaïque. (De lsid. )
(3) HÉRODOT. IV. 44-
(4) Iliad. VI, i3o. Odyss. XI et XXIV.