LIVRE V, CHAPITRE V. f\1l
ros(i), les rites que ces fables motivèrent, rites empreints tantôt d'une tristesse profonde, tantôt d'une gaieté délirante, et tour à tour sanglants et licencieux, lugubres et frénétiques, ne de-
olympiade. On voit ce culte débuter dans les mystères de Samothrace, fournir à l'école Ionienne des éléments phéniciens, s'enrichir de notions asiatiques en, raison de l'extension du commerce; s'emparer des commencements de la philosophie grecque au berceau, présenter les additions lydiennes et phrygiennes comme le fond primitif, donner un sens occulte aux fêtes publiques d'OIympie; reporter en Egypte, sous Psamméticus, avec des colonies milésiennes et d'immenses développements, ce que des colonies égyptiennes avaient porté en Grèce ; s'identifier à la doctrine orphique, mais demeurer toujours odieux et suspect, et flétri par les sages, du temps de Xénophane et d'Heraclite , comme il avait été longtemps auparavant proscrit par les rois et repoussé des peuples.
(i) Il se pourrait, malgré ce que dit Creutzer, que les légendes de Bacchus se fussent enrichies de quelques détails des conquêtes d'Alexandre. Euripide qui fait allusion au Bacchus indien ( Bacchant. 14-18) ne parle au fond, comme l'observe Voss, que de la Médie et de la Bactriane. (Voss, Anti-Symbol. p. 85. ) Mais ces additions n'ont point changé le fonds de la fable primitive, et l'identité de Bacchus ,d'Osiris et de Schiven n'en est pas moins démontrée.
vinrent jamais partie de la religion grecque (i). Partout où ils s'annoncèrent, ils excitèrent l'horreur et l'épouvante. Les malheurs et la destruction de plusieurs dynasties, se rattachent à leur effrayante et subite apparition. Agave déchire son fils Penthée. lno se précipite dans la mer avec Mélicerte. Les filles de Minée, devenues furieuses, commettent d'horribles meurtres et subissent une hideuse métamorphose. Plus tard, un délire semblable saisit les vierges d'Athènes et les pousse au suicide. Quelque fabuleux que soient ces récits, ils n'en indiquent pas moins l'opinion répandue qu'attestent encore des faits mieux constatés (2). Le style des poètes qui nous
(1) La partie des cérémonies bachiques qui consistait en larmes et en témoignages de douleur se glissa plus tard dans les fêtes d'Adonis; mais, dans le principe, elle fut repoussée avec aversion.
(2) La guerre de Persée , roi de Mycènes ( Pausan. II, 16, 20, 22), et surtout celle d'Anaxagore, roi de l'Élide, contre les partisans de Bacchus. Un ouvrage que nous avons déjà cité et que nous ne saurions recommander sous le rapport de la critique ( Histoire des premiers temps de la Grèce, par Clavier ) contient néan-