LIVRE V, CHAPITRE V
i\e Pan, sa place auprès du Jupiter Olympien, toutes ces choses ne s'accordent guère avec le rang habituel de ce dieu champêtre. Quelques traditions purement grecques semblent empreintes des mêmes souvenirs étrangers. Pan secourut les Athéniens à Marathon et à Salamine (i). Il aida les Macédoniens à remporter une victoire contre les Barbares. 11 vint au secours d'Antigonus Gonatas attaqué par les Gaulois. Enfin, c'était lui dont la voix terrible frappait d'un effroi subit des armées entières, et les mettait en fuite. Comment concilier une telle puissance avec l'idée d'un dieu subalterne presque ridicule, et que ses adorateurs traitaient avec une gaieté voisine du mépris (2)?
Nous laisserons de côté Vulcain, dont le nom seul dirigerait de nouveau nos regards vers l'Egypte (3), et dans lequel nous pour-
(1) Scholiast. de Soph. Ajax. 707.
(2) Voy-, pour plus de détails, Creutzer, première éd. ail. III, p. 24 1-282.
(3) fiepxwroç, de Phthas. Le Phthas égyptien était donc le Vulcain grec; mais quelle différence ! Voy. Wagner, Ideen zu einer allgem. Myth. der ait. Welt, p. 279.
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rions montrer le feu éternel, incréé, principe actif du monde (i); ce feu qui brille dans les astres, qui circule dans toutes les parties de l'univers, qui organise sous mille formes diverses la matière inerte (2), changé en un dieu dont la démarche boiteuse et les calamités conjugales excitaient dans le ciel un rire inextinguible; et nous finirons par un dernier exemple, celui des Cabires.
Ces Cabires désignent dans la langue des prêtres les deux grandes forces opposées(3). Ils sont
(1) Vulcain, d'abord précipité dans la mer, où Thétis et Enrynome le reçoivent et le cachent dans leur grotte humide (Iliad. XVIII, 3o,5), ensuite lancé par Jupiter dans l'île de Lemnos, où les Sintiens sauvages ( Odyss. V, aSS-ag/» ) lui accordent l'hospitalité, renferme certainement des allégories indiquant la force génératrice attribuée au feu, à la chaleur, à l'humidité et au soleil. ( Hydus, de Mensib. p. 85. ) Vulcain, produit par Junon sans le concours d'un époux , exprime l'air qui engendre et contient le feu. (Wagner, Ideen, etc. p. 4o2-4o3. ]
(a) Les stoïciens étaient revenus à cette idée, ou, pour mieux dire , cette idée servit de fondement au système des stoïciens.
(3) Le nombre des Cabires n'était pas fixé, dans les religions sacerdotales ou dans les mystères. Ils variaient suivant le besoin qu'en avaient les prêtres pour exprimer