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LIVRE III, CHAPITRE V

La religion égyptienne était fondée sur l'astronomie (i) : l'autorité du sacerdoce égyp tien était sans limites. Voisine de l'Egypte, l'Ethiopie habitée également par des tribus

pouvoir. Alors ils l'arrêtent, sans lui permettre un seul pas de plus. Il en est tout auti'ement des nations qui jouissent de leur liberté. Comparez les Grecs d'Homère <et ceux de Périclès : vous verrez dans toute la nation un progrès régulier et manifeste. Comparez les Égyptiens, tels qu'on nous les peint sous Menés ou Technatis=, et «eux sur lesquels nous avon s des notions plus certaines , du temps de Psamméticus : vous verrez dans la nation la même ignorance, les prêtres seuls auront avancé.

Il s'ensuit qu'en traitant dans ce chapitre de la puissance des prêtres au premier degré de la civilisation, nous sommes forcés, pour ce qui regarde les nations sacerdotales, à puiser nos preuves dans toute la suite de leur histoire , tandis que , pour les Grecs , nous ne devrons jamais aller au-delà des temps- héroïques.

(i) Tout, en Egypte, observe M. de Paw, fait allusion à l'astronomie. La cuirasse du Pharaon Amasis, consacrée à Minerve dans l'île de Rhodes, était remarquable par la trame, où chaque fil avait été tordu de 365 autres, par une allusion à la durée de l'année. Hérodote décrit cette cuirasse. ( Rech. sur les Égyp. et les Chinois, II, 3ig. ) Les édifices les plus considérables de l'Egypte , le Labyrinthe, le Memnonium, etc., n'étaient destinés qu'à présenter aux regards des symboles de cycles astronomiques et à en conserver la connaissance. En même temps,

adoratrices des astres, est célèbre par la puissance absolue des prêtres de Méroé. Les Syriens adoraient le soleil et la lune, sous les noms d'Aglibolos et de Malachbul ( i). Le monde a retenti des orgies bruyantes, des fureurs fanatiques, des mutilations obscènes du sacerdoce de Syrie. La vénération que la religion des Perses recommandait pour les éléments (2)

pour une raison que nous avons indiquée plus haut , les élémens étaient adorés avec les astres. On lisait sur un obélisque les noms des huit grands dieux égyptiens. Ces dieux étaient le Feu, l'Eau, le Ciel, la Terre, le Soleil, la Lune, le Jour et la Nuit. (Théo Smyrn. de Mus. c. 17. Zenobius cent. Prov. c. 78.)

( 1 ) Selden , de Diis Syr. Montfaucon , Àntiq. expl. t. II, p. 2, p. 389.

(a) Les Perses , dit Hérodote, offrent des sacrifices au Soleil , à la Lune, à la Terre, au Feu, à l'Eau et aux Vents. Ce sont là les seuls Dieux qu'ils servent de toute antiquité... Ils appellent Jupiter toute la voûte des cieux. (I, i3i. ) Consultez aussi Diogène Laerce ( Prooem. ) Les éléments étaient pour les Perses , dit Clément d'Alexandrie , ce que les statues étaient pour les Grecs , et les animaux pour les Egyptiens. Les Guèbres, descendants des Perses, ont encore un tel respect pour le feu et l'eau , qu'ils n'osent employer l'une à éteindre l'autre^ Mettre aux prises deux éléments sacrés leur semblerait un crime.

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