LIVRE V, CHAPITRE V
leur attribua des aventures guerrières (i) qui motivèrent leur apothéose (2). Les dieux leur donnèrent des coursiers ailés (3) ; on les nomma Castor et Pollux, et les hideux Cabires furent les beaux Tyndarides (4).
(1) Leur combat contre Idas et Lyncée. (Paus. III, i3.
(3) Ils furent déifiés quarante ans après le combat rappelé dans la note précédente, et cinquante-cinq ans après l'apothéose d'Her-cule. ( Clem. Alex. Strom. I ; Heyne ad Apollod, III, 11, 2. )
(3) Stesichor. ap. Tertull. in Spectacl. p. 9 et suiv.
(4) Ce n'est ici ni le lieu ni le moment d'éclaircir, autant qu'il est possible de le faire ou du moins de l'essayer, cette fable des Cabires, qui est singulièrement obscure. En Egypte, ils furent d'abord cinq, à cause des cinq jours intercalaires, nécessaires pour compléter l'année. Sous ce point de vue astronomique, ils avaient trois pères, le Soleil, Hermès et Saturne. (Plutarch. de Isid. et Osir. ) Dans la transition d'Egypte en Grèce, ils perdirent cette triple origine; trois demeurèrent des forces occultes, des fils de Jupiter cosmogo-' nique et de Proserpine, principe passif de la fécondité comme de la destruction, les deux autres prirent leurs noms grecs de Castor et de Pollux, et eurent pour mère Léda, maîtresse du Jupiter olympien. ( Cicer. de Nat. Deor. III, ». 1. ) Car en Egypte, leur mère n'était pas Léda, mais Némésis, l'une des appellations d'Athyr, la nuit primitive. Aussi les amours de Jupiter ont-ils une
Ce travail, ou plutôt cette esquisse , que nous n'avons appliquée qu'à un nombre limité de divinités grecques, offrirait des résultats analogues si nous retendions à tous les dieux de la Grèce. Junon, qui, dans la doctrine orphique , était L'air ou l'atmosphère , et chez les Phéniciens la lune, ne conserve, chez les Grecs, que des vestiges très -incohérents de ces attributs sacerdotaux. C'est ainsi qu'elle est à la fois la femme et la sœur de
teinte fantastique qui s'affaiblit dans la fable grecque. Non-seulement Jupiter se change en cygne, mais il ordonne à Vénus de le poursuivre sous la forme d'un aigle, et se réfugie dans le sein de Némésis, que le sommeil saisit, et qui offre à son divin amant une conquête aisée. Ensuite Hermès porte l'œuf à Sparte, et Léda le couve. Les Grecs rejetant tout à-fait le personnage cosmogonique de Némésis , firent de Léda la véritable mère, et les anciens Cabires se fondirent dans la mythologie nationale. Mais l'école ionienne, fidèle aux philosophies sacerdotales, continua de les dire fils du feu éternel, Vulcain, et de la nymphe Cabirie, une des Océanides, ce qui les ramenait à la génération par l'eau et le feu. Quand l'astronomie eut pris place dans la religion grecque, ils furent l'étoile du matin et celle du soir. Il serait possible de voir une allusion à cette idée dans Homère. ( Iliad. III, 243. Odyss. XI, 3<>a.) Plus tard ils devinrent les gémeaux.