‹ De la religionChapitre 221 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

Jupiter; et ce dieu fait allusion à la personnification de l'atmosphère, quand il lui rappelle qu'il l'a suspendue autrefois au milieu des nuages (i). Dans les hymnes qui contiennent les doctrines étrangères entrant en Grèce par les mystères, Junon courroucée de ce que son époux a fait sortir Minerve de son cerveau, s'adresse à la Terre , au Ciel et aux Titans, pour produire seule Typhceé aux cent bras et aux cent têtes. La Terre lui répond par un frémissement qui lui annonce l'accomplissement de sa prière, et bientôt la naissance du monstre répand l'effroi parmi les dieux et les hommes (2). Rien n'est moins grec que toute cette fiction. Aussi n'en apercevons-nous dans Homère aucune trace. Junon, divinité jalouse et vindicative, a des intérêts , des passions , des volontés humaines avec des forces surnaturelles : mais rien n'est allégorique dans ces volontés ni cosmogonique dans ses forces.

Le Mars de Thrace, auquel les poètes font

(1) Iliade.

(2) Hymne à Apollon, v. 3o5-354-

des allusions fréquentes (i), et celui de Phénicie, qui a servi de texte à Dupuis (a) pour son hypothèse astronomique , et à l'Allemand Canne (3) pour des subtilités étymologiques non moins ingénieuses et tout aussi admissibles , sont probablement le premier type de F Ares homérique (4). Mais quelque indompté, quelque farouche que soit ce dernier, il n'égale ni en emportement ni en déraison l'i-

(i) Odyssée, VII, 36i.SoPHOCL.Antig. 968-970. Eurip. Alceste, 5oa. Callim. Delos, 6a. Antipat. Sidon. XXXIV. In Brunck, Analect. II, x5. Virg. Énéid. XII, 3i.'Stat. Théb. VII, 34etsuiv.

(2) Orig. des cultes, tom. I, p. i5, a5i , 3ig, etc.

(3) Canne , Parenté des Allemands et des Grecs.

(4) La naissance du Mars thrace ou phénicien diffère essentiellement de celle du même dieu dans Homère, bien que la Thrace soit sa patrie et son séjour habitue!. Mais il est ûïs de Jupiter et de Junon , tandis que les légendes sacerdotales, toujours empreintes dénotions mystiques sur la génération , racontent qu'il naquit de Junon seule, qui avait respiré le parfum d'une fleur. ( Ovid. Fast. V, 229.) Dans le temps d'Ovide, les traditions des deux polythéismes s'étaient confondues , et les poètes les recueillaient toutes, indifférents qu'ils étaient à la croyance, et ambitieux seulement d'ornements accumulés

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