‹ De la religionChapitre 222 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V

dole sacerdotale. Ses formes sont plus belles , son culte s'est adouci ; les sacrifices humains qu'à son arrivée on lui offrait à Sparte sont tombés en désuétude (i) ; et si nous voulions puiser des autorités dans des temps postérieurs à Homère, nous verrions que le fougueux et sanguinaire Mars , avide naguère de sang et de carnage, est appelé le vengeur de l'innocence, le guide des justes, le protecteur des mortels (2).

Dans le culte d'Adonis, composé non-seu* lement des traditions de diverses contrées, mais se rapportant à différentes divinités (3) , importées en Grèce, à plusieurs reprises, de

(1) Apoixod. Fragm. p. 396.

(a) Hymne homérique à Mars.

(3) Ogygia me Bacchum vocat ,

Osirin jEgyptus putat, Mystae Phanacen nominant, Dionyson Indi existimant , Romana sacra Liberum , Arabica gens Adoneum, Lucaniacus Pantheum.

Ausone, épig. 3p.

Syrie, de Phénicie (i), d'Egypte, de Chypre, et plus tard d'Alexandrie; dans le culte d'Adonis disons-nous, mélange de science, de lamentations et d'obscénités, images mystiques de la mort et de la résurrection (2), les Grecs ne virent d'abord que le côté poétique, les amours malheureux de Vénus et d'un bel adolescent; et lorsque ensuite ils admirent quelques-uns de ses rites étrangers, ils séparèrent la Vénus grecque de la Vénus syrienne, à laquelle les fêtes d'Adonis se rattachèrent exclusivement (3).

(1) Les Grecs, qui voulaient quelquefois se faire honneur de l'invention des fables les plus visiblement étrangères et les plus contraires à leur esprit, soutenaient aux Phéniciens que le culte d'Adonis était d'origine grecque. La vanité nationale les trompait, comme l'orthodoxie théologique a trompé plus tard le savant évêque d'Avranches , qui voulait qu'Adonis fût Moyse.

(a) Nous avons déjà remarqué, t. I, p. 298, la singulière conformité des mystères d'Adonis et de l'opinion des Iroquois, prenant, comme les Phéniciens, pour symbole de l'immortalité le grain de blé qui meurt et qui revit.

(3) Pausan. ( VII , 26 ) dit que les deux Vénus étaient adorées dans des temples et avec des cérémonies différentes. La tristesse des fêtes d'Adonis , remarque Creutzer,

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