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LIVRE V, CHAPITRE V

Toute l'histoire de Pasiphaé est empruntée d'un culte astronomique (2); mais il ne reste dans la fable grecque que la passion impure de Pasiphaé pour un taureau. La fille d'Inachus est Isis; elle accouche d'Épaphus, qu'a engendré le Taureau céleste, comme Apis naît d'une génisse fécondée par un rayon de la lune : mais en Grèce elle ne conserve de son origine égyptienne que des cornes qui parent sa tête, sans la défigurer.

Les courses indécentes et furieuses d'Isis ou de Cybèle pour leur époux ou leur amant mutilé (2) ne sont plus en Grèce que la touchante douleur d'une mère qui cherche dans tout l'univers une fille chérie.

répugnait aux Grecs, dont les pompes religieuses, à trèspeu d'exceptions près , étaient brillantes et gaies. Le scoliaste de Théocrite ( Idyll. V. îi ) rapporte, à ce sujet, une tradition qui est précieuse. Hercule, dit -il, ayant vu en Macédoine une foule de peuple qui revenait des fêtes d'Adonis, s'écrie plein de courroux : Je ne connais ni un pareil culte, ni un Adonis parmi les dieux. ( Crectz. éd. ail. II, io5. )

(1) Cbeutz. édit. allem. IV, 99.

(2) La fable de Cérès et celle d'Isis sont parfaitement les mêmes. Le motif de la recherche, le déguisement et le silence de la déesse, ses moyens mystérieux de nourrir l'enfant qu'on lui conlie, tout est identique; et, dans la

Jupiter (i)devaità l'Egypte plusieurs des obr

fable grecque , on remarque beaucoup de vestiges de traditions sacerdotales; par exemple, le breuvage d'eau et de farine que Cérès substitue au vin, comme dans les mystères, la purification par le feu de l'enfant de Métanire, l'indécence des paroles et des gestes de Jambe ou de Baubo, qui fait rire Cérès, et qui ne s'accorde point avec l'élégance des fables véritablement grecques. Il en est de même de la légende de Cybèle et d'Atys. Quand on lit la fable d'Agdistis, qui se confond avec les mystères de Cybèle, on croit parcourir les légendes les plus fantastiques de l'Orient. Agdistis est un être hermaphrodite , né d'un songe de Jupiter, rêvant qu'il possédait Cybèle. Les dieux indignés de cette naissance impure mutilent Agdistis , et des parties qu'ils lui enlèvent naît un amandier. La nymphe Nana, fille d'un fleuve , ayant cueilli quelques fruits de cet arbre et les ayant placés dans son sein , accouche d'Attys , jeune garçon dont la beauté charme toutes les femmes. Agdistis, à qui sa mutilation n'avait laissé qu'un sexe, s'enflamme pour Attys, et dans sa fureur jalouse, lui fait subir le même traitement que celui qu'elle avait éprouvé des dieux. (Paus. VII, i7;Strab. X, 3, XII, 2.) Rien assurément de moins grec que tout cela.

(1) Dans les fragments d'Orphée ( Clkm. Alex. Strom. V ) , Jupiter est appelé Métropator, en mémoire de sa qualité hermaphrodite ou de la double force créatrice : mais les Grecs se hâtèrent de repousser une notion s[ peu conforme avec leurs idées. Elle ne reparaît, si nos souvenirs ne nous trompent pas , dans aucun des poètes vraiment grecs, quelque familiarisés qu'ils fussent avec les cpsmogonies sacerdotales,.

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