‹ De la religionChapitre 224 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE V. l\f · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE V. l\f

jets de ses amours ( i ) ; à la Libye, son égi de, l'une de ses maîtresses (2) et son frère Neptune ; à la Phénicie, son père, son aïeul, Gérés son épouse, et sa fille Proserpine ; à la Thrace, son fils Mars; à l'ancien culte indigène des Pelages, Junon, sa femme et sa sœur ; à la Phrygie, son échanson Ganymède ; à la Scythie , son rival Prométhée ; à l'Inde enfin , l'oiseau divin porteur de son tonnerre ; car son aigle est clairement une imitation grecque, et par conséquent embellie et dégagée d'additions bizarres, mais une imitation non méconnaissable de Garoudha, le roi des oiseaux dans l'Inde, au regard perçant, au vol rapide, au plumage doré, assemblage merveilleux de l'homme, de l'aigle et de l'épervier, et monture de Wichnou (3); et toutefois, malgré cette mosaïque sacerdotale, si l'expression nous est permise, le Jupiter d'Homère n'en est pas moins précisément ce que doit être le maître des dieux à cette époque du polythéisme (4).

(1) Entre autres, Latone et Sémélé.

(2) Io , fille d'Inachus.

(3) Creutz. trad. franc. I, io,5.

(4) Si tant d'élémens divers concouraient quelquefois

Si la Grèce incorpora de la sorte dans sa croyance tant de notions étrangères, qu'elle assujettit à son empire ; à plus forte raison dut-elle recevoir de l'étranger beaucoup de pratiques et de rites. Les rites s'introduisent plus facilement encore que les opinions ne se communiquent. De là, tant d'usages dont les Grecs eux-mêmes ne pouvaient rendre raison. De là, par exemple, aux fêtes de Damia et d'Anxesia, ces invectives dont les femmes s'accablaient réciproquement, en imitation des femmes égyptiennes, aux fêtes de Bubastis. De là encore, ces devoirs de continence ou de virginité imposés à certaines prêtresses (i). Mais, plus indulgente que le polythéisme sacerdotal, la religion grecque compatissait d'or-

à la composition d'une seule divinité grecque , il arrivait aussi qu'une seule divinité étrangère fournissait à la Grèce des matériaux pour plusieurs divinités. Ainsi, la Tithrambo égyptienne est tantôt Diane, et tantôt Cérès Érynnis , violée par Neptune sous la forme d'un cheval, et mère d'une divinité mystérieuse dont le nom ne pouvait être révélé.

(i) Les prêtresses d'Hercule, de Minerve ou de Diane, étaient, pour la plupart, obligées à une continence plus ou moins longue. ( Pausan. Corinth. Cœl. Rhodig. XXXIX, aa )

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