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LIVRE V, CHAPITRE VII

On honorait les dieux qui président à la mort par des rites obscènes : on honorait ceux qui président à la vie par des rites cruels. On plantait le phallus sur les sépulcres (i), et l'on arrosait de sang ce même phallus.

On peut difficilement aujourd'hui concevoir dans toute son étendue, le mal qu'a fait à l'homme le sacerdoce de l'antiquité. A cette époque, les notions religieuses se ressentaient de l'impulsion pétulente et irréfléchie contemporaine de l'enfance du genre humain. L'excès de la civilisation condamne de nos jours les générations à une fatigue prématurée. Les siècles écoulés pèsent sur nous ; l'expérience nous saisit dès le berceau, et notre jeunesse porte l'empreinte de la caducité des temps. Mais nous possédons au moins en échange , et pour dédommagement, la science et les lumières. Chez les peuples naissants, l'homme était enivré de la plénitude de ses

portées à Rome. (Voy. Joven. Sat. VI; Schmidt , de Sucera, et Sacrif. -dEgypt. p. 64.) Properce désigne les mystères isiaques comme des solennités lugubres. (11,24.)

(1) Creutz. éd. ail. II, 81.

forces et des jouissances de sa vie nouvelle. Toute la nature semblait lui parler, tandis qu'envers nous elle est muette. La religion avait ses joies enfantines qu'elle a perdues. Elle n'avait pas revêtu la robe virile. Tuteurs impitoyables des nations qu'ils dominaient, les prêtres les ont privées de ces joies *ans leur donner les lumières. Ils les ont voulues dociles à la fois comme des enfants, et tristes comme des hommes.

Le polythéisme grec est le seul qui, dans sa partie publique , car on a vu que nous ne parlons point ici des mystères, se soit garanti du double excès de la tristesse et de la licence (i ). Dans la plupart des villes grecques, les rites nocturnes étaient défendus (a). Les jeux olympiques, pythiens et isthmiques, occupaient

(i) Voy. sur la gaité inhérente aux fêtes grecques, (Hésiod. Op. etDies,"735. Hesychius et Suidas in oy<?ev «pov. Spanh. ad Callim. Del. 3 24; Meurs. Graec. feriat. ) Un écrivain, qui, né en Afrique, et nourri dans les mœurs grecques, pouvait juger en connaissance de cause, remarque que les divinités égyptiennes étaient adorées par des lamentations, et les grecques par des danses. (Apulée.)

(2) Cicer. de Leg. II.

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