‹ De la religionChapitre 239 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE VII

semblent point complètement chimériques.

Nous le reconnaissons avec lui. Une grande

« admis à contempler la lumière, tandis que le peuple, » dans le crépuscule ou dans la nuit égyptienne, goûtait « ce qu'ils appellent la paix de la religion, paix qu'ils a nous diront sans doute n'avoir jamais été troublée « durant la nuit maintenue par Grégoire VII? La révolte « après le parjure, l'attaque aux droits des monarques , a les anathèmes lancés du haut de la chaire, leremplace- « ment du père excommunié par le fils rebelle, les fraudes « pieuses, les indulgences vénales, les orgies nocturnes, « le poison, le poignard, les cachots, les bûchers, cette « mort si douce où l'on évite l'effusion du sang : toutes « ces choses , vous apprendront-ils , n'étaient que des « moyens d'arrêter l'inquiétude d'une raison témé- « raire, l'invasion d'un peuple toujours mineur, dans « les régions prohibées de la science ; c'étaient des pré- « cautions bienveillantes pour maintenir ce peuple im- « bécille dans cette paix semblable au sommeil d'Ulysse, « profond, dit Homère, irrésistible, et peu différent de la « mort... Mais en dépit de ces partisans de la Symbolique, i nous qui heureusement sommes éclairés par les lumières « de l'Evangile, peuples et princes, nous protestons et «protesterons toujours hautement, pour nous et notre « postérité, contre cette paix des ténèbres... Que n'étu- « dieut-ils un instant l'histoire moderne, au lieu de dé- « figurer les traditions antiques? Qui donc a élevé les « étals et les communes à la dignité qui convient à « l'homme? la liberté de l'intelligence, ce don de Dieu, « qui nous a conduits du plus bas échelon des connais

I\')i\ DE LA RELIGION,

question est clairement posée, et de sa décision dépend notre avenir. Comment l'homme

« sances humaines jusqu'à la plus haute et la plus su- «blime, la conviction profonde, l'adoration pure, le « pressentiment intime de la Divinité. Apostats de la « doctrine de notre divin maître, qui nous a délivrés des « Pharisiens et des Scribes, vous osez faire peur aux « chefs des nations des clartés évangéliques. Mais répon- « dez : dans quelles contrées le monde actuel nous mon- « tre-t-il les démagogues et les oligarques , les athées et « les théocrates poursuivant leurs sanglantes saturna- « les? » ( Voss. Anti-Symb., p. m-114. ) Il serait imprudent en nous de suivre l'auteur allemand dans ses développements pleins d'éloquence. Nous en avons cité quelques phrases, afin d'indiquer le point de vue sous lequel il envisage l'admiration professée par une classe de savants pour les corporations sacerdotales de l'antiquité. Nous sommes convaincus, nous le répétons, qu'il inculpe à tort et Creutzer et Gorres; mais nous conviendrons avec la même franchise que nous sommes moins rassurés sur les intentions de plusieurs écrivains qui marchent sur leurs traces. Quand nous lisons dans les écrits d'un de ces adeptes que la sagesse des temps primitifs a conservé son fonds de vérité pour tous les âges et pour toutes les époques, que ce n'est pas l'imposture des prêtres du paganisme quia créé les formes religieuses et sociales ( les formes sociales, c'étaient les castes, les parias compris ), les formes religieuses et sociales de la haute antiquité; que c'est l'esprit de vérité qui tes animait, bien que corrompu et dégénéré ; quand nous voyons les

Page 1