LIVRE V, CHAPITRE VII. 4?l
est -il sorti de la fange matérielle où il s'agitait avec les animaux qui habitent la terre (i)? S'est il élevé jusqu'à la conscience de son origine céleste par la puissance de son ame et de son intelligence, présents divins de son créateur; ou doit-il son nouvel être aux
brames et les gymnosophistes , les mages et les Chaldéens. la caste sacerdotale de l'Egypte, les prêtres des Pelages et des Thraces , le sénat religieux de l'Êtrurie , les druides, et les pontifes d'Odin, peints comme des sociétés d'hommes à vues prodigieuses , d'un génie sublime, et encore pénétrés de l'esprit divin; quand on nous dit que leurs erreurs mêmes étaient la dérivation innocente ou coupable d'une grande vérité [on sait que c'est ainsi qu'ils expliquent les sacrifices humains comme l'effet du pressentiment vague du sacrifice d'un dieu ); enfin quand on proclame que le pontificat et l'ancien ordre social reflétaient les deux : nous ne pouvons nous défendre de penser qu'une conspiration s'ourdit pour rendre la terre semblable à ce ciel fantastique et ténébreux, et qu'il est des hommes rêvant le règne des castes, l'omnipotence d'un ordre implacable, qui envelopperait de nouveau le genre humain dans ses filets immenses, et l'abrutissement universel. Nous croyons ce projet absurde autant qu'odieux; mais il existe, et Voss n'a pas tort de le dénoncer à l'Allemagne, à l'Europe, au inonde entier.
(i) Voss. Anti-Symbol. p. a34-a35.
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instructions incomplètes et parcimonieuses (1) des corporations qui jadis le berçaient de fic-
(i) Pour prouver d'une manière évidente l'imperfection et l'insuffisance des connaissances communiquées ou cachées aux peuples par les corporations privilégiées qu i les opprimaient, il faudrait anticiper sur les recherches qui seront l'objet de noire troisième volume, consacré en entier à l'exposition du polythéisme sacerdotal. En attendant, nous citerons un observateur impartial , témoin oculaire des effets de la religion de l'Inde et de la législation que les brames ont perpétuée. « Les lois « de Menou », dit M. Buchanan (As. Res. VI, 16G), « lois assez convenables d'ailleurs à une monarchie ab~ « solue,sont devenues, entre les mains des brames, le « système d'oppression le plus abominable et le plus de'- « gradant qui ait jamais existé... Ils ont perverti la mo- « raie et élevé l'autorité du sacerdoce sur les ruines de « l'état et aux dépens des droits des sujets. Ils n'ont », poursuit-il , « répandu dans la nation aucune lumière , « et ont détruit entièrement les monuments historiques.» Et si ce témoignage ne suffisait pas à nos lecteurs, nous les renverrions à l'excellente Histoire de l'Inde par Mills. (Vol. I, p. i3o,-4oo; et vol. H, p. 22-204.) Quant à l'Egypte, nous choisirons une autorité bien populaire } venant d'un écrivain auquel on ne saurait refuser des connaissances très-étendues, et dont les opinions ne sont pas Ses nôtres.» Moyse », nous dit M.Malte-Brun, « nous montre en Egypte un peuple serf, sans propriétés, sans courage, divisé en tribus, en castes héréditaires, personne ne pouvant quitter le métier de son père ; la multitude, contente