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temps reconnu l'empire des Brames. Tout nous porte à croire que la Chine, athée aujourd'hui, au sein des superstitions les plus grossières, professait, dans des âges reculés, une religion qui l'asservissait aux prêtres (i), et nous retrouvons à chaque pas dans ses monuments
nies qui président aux douze mois de l'année. A côté de l'astrolâtrie se trouve aussi le culte des éléments. Les bramines invoquent la Terre, l'Air, le Feu, l'Eau, le Ciel, et «dorent particulièrement la Terre. Dans les prières du Gajourveda , les éléments sont invoqués, quelquefois seuls , d'autres fois simultanément avec les dieux qui président aux éléments qu'on invoque. L'adorateur dit tour à tour : O Feu , confère-moi la prudence en vertu de mes offrandes ; et un instant après : puisse le Feu et Prajapati m'accorder la sagesse ! Puisse l'Air et Indra me donner la science ! ( As. Res. VIII, 433-434- ) Dans un dialogue qui fait partie du Samaveda , plusieurs sages vont consulter sur la nature de Dieu un roi versé dans les choses divines , Aswapaty, fils de Cecaya. Il questionne chacun d'eux sur l'objet de son adoration. L'un répond qu'il adore le Ciel , l'autre le Soleil , le troisième l'Air, le quatrième l'Éther , un cinquième l'Eau , un sixième la Terre. Le roi leur dit que c'est adorer l'Être suprême , l'âme universelle dans ses parties séparées, et qu'il faut l'adorer comme la réunion de toutes ces choses. (As. Res.
vin, 463-467.)
(1) Voy. le dernier chap. du livre VI.
l'astronomie (i), et dans ses rites, des vestiges du culte des éléments (2). Les prêtres mexicains exerçaient une autorité terrible : le soleil était la principale divinité du Mexique (3). Le despotisme sanguinaire du sa-
(i) « L'histoire de la Chine parle de l'astronomie dès « ses commencements , et ses premiers rois sont astro- « nomes. Partout nous voyons des observatoires im- « menses , des tours élevées jusqu'au ciel et de vastes « palais , eonstruits astronomiquement , des temples , « des pyramides orientées , des villes aux Sept-Portes , en « l'honneur des sept planètes, des empires divisés en au- « tant de provinces que le ciel , portant le nom du décan « ou du signe qui y préside , les nombres de 3 , de 7 , « de 1 2, de 28, de 36 , de 52, de 36o, réglant les socié- « tés , les villes, et entrant dans les choses les plus cora- « munes de la vie. Le roi de la Chine est habillé de la « couleur consacrée au soleil. Divers empereurs sont des- « cendus de cet astre, de la Lune, du Chien ou de la « grande Ourse.» (Rabaut, Lettr. sur l'hist. primit. de la Grèce, p. 242.)
(2) Les Chinois adressaient jadis leurs hommages religieux à l'Air et à la Terre. ( Notice de l'Yking, p. 4 28 , Mém. de l'Ac. des Inscript. V, 118.) Leur système musical est encore fondé sur les rapports qu'ils supposaient exister entre ces deux éléments. L'usage barbare de jeter )es enfants dans la rivière est peut-être une trace de l'adoration des fleuves. ( Méni. sur les Chin. II, 4o.)
(3) Les dieux des Mexicains étaient partagés en trois
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cerdoce carthaginois nous est attesté par tous les historiens (i). Les Carthaginois étaient
classes comme ceux de l'Egypte. Ceux de la première étaient le soleil , la lune , les planètes , l'eau , le feu , la terre, c'est-à-dire les éléments et les astres. Les Mexicains , à la naissance de leurs enfants , invoquaient principalement l'Eau , la Lune et le Soleil. Les plus anciens et les plus remarquables monuments du Mexique, les pyramides de Taoti-Huacom , étaient consacrés au Soleil et à la Lune. Elles servaient à la fois de tombeaux aux rois et d'observatoires. ( Clavigero , Humboldt. ) Les rois du Mexique se livraient avec ardeur à l'étude de l'astrologie. Leur année solaire était plus parfaite que ne l'avait jamais été celle des Grecs et des Romains. Le roi d'Alco-Huacom , Nezual-Palli , qui régnait lors de l'invasion des Espagnols, était tellement renommé pour ses progrès dans cette science , que Montézume , effrayé par des présages funestes , eut recours à lui pour se les faire expliquer. Le nombre des prêtres , Topitzqui , était prodigieux au Mexique. Il y en avait six mille dans un seul temple de la capitale ( Gomara , Cronica délia Nueva Espana , cap. 8o.j On en a porté le nombre dans tout l'empire à quatre millions. Deux grands-prêtres, probablement élus par tout le corps du clergé, étaient à leur tête.
( l ) Le sacerdoce ne paraît pas avoir formé , chez les Carthaginois , une corporation pareille à celle des brames ou des druides. Cependant, il est question d'une députation de l'ordre du clergé, qui, réunie aux principaux citoyens, lors du dernier siège de Carthage, fut envoyée dans le camp des Romains, près d'U tique, pour appreri-
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adonnés à l'astrolâtrie (i). Les nations voisines des Hébreux étaient pour la plupart sub* juguées par un clergé tyrannique , et c'était vers l'astrolâtrie qu'elles entraînaient le peutire du consul Censorinus les volontés du sénat. ( Appian. de Bello Punico. ) Dans tous les cas, les prêtres étaient très -puissants dans cette république. Plusieurs •d'entre eux portaient la pourpre , symbole du commandement. Les généraux étaient soumis à des devins auxquels ils n'osaient désobéir. ( Diod. II. ) Ils livraient sans résistance leurs enfants au couteau sacré : et leurs colonies étaient astreintes à pratiquer et à conserver intact le culte de la métropole (Diod. ib. ), obligation qui, comme on le verra plus loin, est un caractère essentiel du polythéisme sacerdotal, en opposition avec le polythéisme libre.
(1) La preuve de l'astrolâtrie et du culte des éléments chez les Carthaginois se trouve dans le traité conclu par Annibal, en leur nom, avec Xénophane, envoyé de Philippe de Macédoine. Les dieux des Carthaginois y sont distingués de ceux des Macédoniens et du reste de la Grèce; et les principaux de ces dieux sont le Soleil, la Lune, la Terre , la Mer et les Fleuves, ( Polyb. VII, 2.} Le soleil était adoré sous le nom de Baal, Belsamen , Moloch, et Melkarth; la lune sous celui d'Astarté, et d'Uranie. L'éléphant était consacré spécialement à ces divinités, parce qu'on lui attribuait un sens religieux qui le portait à leur rendre hommage. ( jElian. Hist. Anim. VII, 44. Plin. Hist. Nat. VIII, 1.) Himilco ou Hamilcar, après sa défaite en Sicile, sacrifia des victimes à la