‹ De la religionChapitre 25 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE V. t · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE V. t

pie de Dieu. Lorsque Ëzéchiel veut peindre sa défection coupable , il nous montre les lévites tournant le dos au tabernacle , pour rendre hommage au soleil levant; et quand Josias déclare à l'idolâtrie une guerre à mort, il s'empare des chevaux et fait brûler les chars consacrés à cette idole brillante (i).

Si nous quittons l'Orient et le Midi pour contempler l'Occident et le Nord , nous trouverons que le culte des éléments avait produit dans la Germanie et dans la Gaule (2) les mêmes effets que l'astronomie aux Indes et en Egypte. Nous

Mer, en les jetant dans les ondes ( Diod. XII, 86) ; et Polybe rapporte ( XV, 1 ) qu'avant leur conférence avec Scipion, les ambassadeurs carthaginois adorèrent la Terre.

(1) Rois, II, ch. 23.

(2) Voy . Pelloutier, Hist. des Celtes , et le témoignage de Grégoire de Tours , plus digne de croyance, parce qu'une chronique est plus impartiale qu'un système. «Haec generatio fanaticis semper cultibus visa est obsequium praebuisse , nec prorsus agnovere Deum, sibique silvarum atque aquarum... et aliorum quoque elementorum fînxisse formas, ipsasque ut Deum colère, eisque sacrificia delibare consueti.» (Lib. II, cap. 10. ap. Bouquet, Recueil, t. II. ) Il est probable que les feux de la Saint-Iean sont un vestige de l'adoration des éléments.

verrons les forêts de cette partie du globe recelant encore les monuments hideux de l'autorité absolue et sanguinaire des druides; au premier rang des objets de l'idolâtrie proscrite par Canut, sont placés le Soleil, le Feu, la Lune et la Terre (i). Cette dernière divinité était invoquée sous le nom d'Hertha par les tribus que nous décrit Tacite (2); les Slavons adoraient le dieu de l'Air ; le Tchen-Yk , avec ses Tatars, sacrifiait au Ciel , dont il se disait le fils (3) ; et lorsqu'un nouvel Odin , guerrier et prêtre à la fois , voulut asservir les Scandinaves , il leur prêcha l'identité de leur dieu suprême avec l'astre du jour.

Ainsi dans les pays les plus différents, chez les peuples de moeurs les plus opposées , le sacerdoce a dû au culte des éléments et des astres, un pouvoir dont aujourd'hui nous concevons à peine l'idée.

(1) Ce que nous entendons par l'idolâtrie païenne, dit Canut, c'est lorsqu'on sert les idoles , comme sont le Soleil, la Lune, le Feu ? etc. ( L. L. Politic Çanuti régis , cap. 5. Apud Lindenbr. in Glossar. p. 1 473.0

(2) Tacite, Germ. c. 40.

(3) D'Hekbelot, Bibl. Orient, t. VI, p. 96, 144-148.

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