‹ De la religionChapitre 241 sur 248 · LIVRE V, CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

LIVRE V, CHAPITRE VII

tions grossières, l'enivraient de subtilités, l'effrayaient de cérémonies féroces, ou l'abrutissaient par des rites honteux?

Que les imitateurs des mages ou les héritiers des druides adoptent cette dernière opinion ,

de la plus vile nourriture, travaillant en esclave à ériger des monuments d'orgueil et de superstition ; un despote ignorant, des prêtres livrés à la magie, des lois inhumaines ; aucune institution dans laquelle le peuple intervienne, excepté les fêtes du culte uational, et quel culte! Non-seulement les objets imposants et utiles de la nature matérielle, mais les brutes, mais les reptiles les plus hideux, reçoivent une adoration stupide, qui rend les Egyptiens la risée des autres nations; et en même temps de grands édifices, des villes populeuses, des arts florissants. Comment concilier des faits si contraires? » Nous omettons les conjectures historiques de l'écrivain, et nous arrivons à sa conclusion. «. Pour les sciences morales , pour les idées philosophiques, pour les dogmes religieux, la caste sacerdotale, tout en dominant la nation, a dû rester en arrière des Hébreux, des Grecs et des Romains, loin d'avoir été leur institutrice et leur modèle. Lorsqu'une caste veut se réserver à elle-même les lumières, elle se condamne à un état stationnaire. C'est la peine attachée au monopole de la civilisation. L'intelligence ne conserve son activité que par une émulation libre. Le pouvoir et la science des prêtres de l'Egypte expirèrent au milieu des ténèbres dont ils avaient cru se faire un rempart. » Au reste , ne prenons-nous pas trop de peine

rien de plus simple. L'indépendance dont leâ Grecs ont joni leur est un scandale. Quelques faits de détail qui peuvent leur plaire , la mort de Socrate, l'exil d'Anaxagore , ne leur suffisent pas. Ils exigent l'ensemble, cet ensemble qui les charme par son vaste silence , son poids énorme, et sa solennelle immobilité (1).

pour démontrer à nos adversaires ce qu'ils ignorent aussi peu que nous? Ils n'admirent pas les corporations antiques pour ce qu'elles savaient, mais pour ce qu'elles empêchaient le peuple d'apprendre.

(1) Voy. Bossuet, Disc, sur l'Histoire univ. Part. III» ch. 3. Il est impossible de parcourir deux pages de l'histoire des Égyptiens par l'évêque de Meaux, sans être frappé des erreurs et des contradictions qui s'y reproduisent à chaque ligne. Ici Bossuet vante la loi qui assigne à chacun son emploi, qui empêchait qu'on n'en exerçât deux ou qu'on n'en changeât. 11 affirme que, par ce moyen, tous les arts arrivaient à la perfection , et plus bas il dit qu'en Egypte tout se faisait toujours de même. Mais si tout se faisait toujours de même, rien ne se perfectionnait. Il loue l'habileté des Égyptiens dans la médecine, et nous savons, par les témoignages de tous les anciens, qu'il leur était défendu d'employer les remèdes que n'indiquaient pas les livres de Mercure Trismégiste. ( Diod. 1,2.) Les médecins n'osaient s'occuper que d'un seul organe ( Hérodot. I, 84 ) , ce qui mettait obstacle à la guérison de toute maladie compliquée. Toute décou-

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