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LIVRE III, CHAPITRE VI

au-delà de l'époque où, suivant ce système, le pouvoir sacerdotal se serait constitué. Les divinités germaniques ont des noms indigènes qui ne permettent point de leur attribuer une origine gauloise. Les prêtres germains chantaient des hymnes et des cantiques qui leur étaient particuliers et qui étaient rédigés dans leur propre langue. Ils les conservèrent, sans aucun changement, même après l'arrivée des fugitifs de la Gaule ; et si ces derniers furent accueillis , ce fut en qualité de frères , et nullement d'instituteurs (i). César ne connaissait guère que les frontières de la Germanie. Tacite, écrivant un siècle plus tard , lorsque l'intérieur de cette contrée était , si non subjugué , du moins envahi par les Romains, devait avoir des notions plus exactes. Son témoignage est donc préférable , et les Germains ne font point exception à la règle générale.

Nous n'en dirons pas autant des Arabes. Il est certain que , bien que les astres fussent au nombre de leurs divinités, l'autorité du sacerdoce était chez eux à peu près nulle. Jusqu'à

(i) FiutRET, Acad. Inscr. XXIV.

5o DE LA RELIGION,

Mahomet, chaque tribu, chaque famille créait et changeait à volonté les rites et les objets de son culte (i). C'est que les Arabes étaient une tribu de chasseurs, dont l'homme était la proie. Ils attendaient le voyageur sur leur territoire pour le dépouiller. En leur qualité de chasseurs, les Arabes étaient fétichistes. Ils adoraient des lions, des aigles , des gazelles , tous les animaux , en un mot , de leurs plaines sablonneuses (2). Les astres s'étaient placés parmi leurs fétiches (3) , comme nous avons montré que cela doit arriver. Mais le culte des pierres , indice évident de fétichisme , était parmi eux en première

(1) Gibbon, ch. 5o.

(a) Desbrosses, Culte des dieux fétiches, p. ill, tiré de l'Alsharistani. Consultez, du reste, sur l'ancienne idolâtrie des Arabes, Pococke , Specim. Hist. arab.; Sale, Prelimin. Disc, to the Koran ; Assemanni, Bibliothèq. oriental.

(3) Les Hamyarites adoraient le Soleil, et la tribu de Takif la Lune. Mahomet détruisit son simulacre, auquel ils étaient si attachés, qu'ils firent plusieurs tentatives pour le conserver. (Abulfeda, Vita Mohammed. Pocock. Specim. p. go. ) Il est probable que le croissant des Turcs a pris son origine de cette ancienne adoration de la lune. (Selden, de Diis. Syr. p. 189.)

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