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LIVRE III, CHAPITRE VI. 5l

ligne (i). Ils les arrosaient d'huile et de vin, usage que nous retrouverons chez les Grecs ; et tel fut toujours leur attachement pour l'une de ces idoles, <jue nous voyons cette pierre braver les efforts de l'islamisme, et reparaître dans le temple de la Caaba, pour y recevoir, malgré le prophète, les hommages

(i) Leurs trois idoles les plus célèbres, Allât, Alazza etMana, étaient l'une un simulacre de pierre, la seconde un morceau de bois , et la troisième une pierre informe. (Maxime de Tyr, Dissert. 8. Clément Alex, in Prorept. Arn ob. Adv. Gent. VI.) L'idole de Thusaré était une pierre noire et carrée, baute de six pieds, large de deux, sur une base dorée. Les Arabes l'adorent, dit Suidas, par des sacrifices, des libations et des fêtés; et Porpbyre ajoute que les Dumatiens en Arabie lui immolaient annuellement un jeune garçon, qu'ils enterraient sous l'autel. Les Arabes adoraient aussi un arbre, probablement l'acacia, et lui avaient même bâti un temple , que Mahomet fit détruire par son général Khaled-ben-Valid. La tribu des Mudaïtes rendait un culte au lion, celle de Morad au cheval, celle d'Hamyar à l'aigle. (Pocock. loc. cit. p. 93. Hvde, de Rel. Pers. p. i33. Sale, Prelim. Disc. p. 24.) Chaque père de famille avait son dieu ou son fétiche, duquel il prenait congé quand il sortait, et qu'il saluait en rentrant. (Pocock. ib. p. 95.) Certaines idoles étaient soumises à l'influence des astres: on les nommait Thérapim.

5î DE LA RELIGION,

des musulmans (i). Le caractère des Arabes triompha constamment des circonstances qui auraient pu le soumettre au pouvoir sacerdp-

(i) Le culte de la pierre noire est de toute antiquité en Arabie , et surtout à la Mecque , à ce que nous disent les auteurs tlu pays. Lorsque Mahomet fit rebâtir la Caaba , il plaça dans la muraille cette pierre, objet de l'adoration du peuple, et qu'il voulait soustraire aux regards, pour mettre fin à son culte. Mais les nouveaux convertis, attachés à leur ancienne habitude , forcèrent les ministres de l'islamisme à trouver des prétextes pour motiver leur condescendance à cet égard, et ils inventèrent diverses traditions explicatives de l'adoration de la pierre noire. (As. Research. IV, 3. 88.) Les Musulmans lui donnèrent le nom d'Hagiar-Alassovad. Abdallah, fils de Zobéir, la fit enlever et transporter dans le sanctuaire de la Caaba. Hedschadsch la fit remettre à son ancienne place. Lorsque, sous le califat de Moctader, les Carmathes pillèrent la Mecque , ils enlevèrent de nouveau cette pierre , la soupçonnant avec raison d'être une ancienne idole. Elle ne fut rapportée que plus de vingt ans après. Les califes en firent mettre un morceau dans une des colonnes du portail de leur palais de Bagdad, et tous les entrants et les sortants se croyaient obligés de la baiser. Aucun Musulman ne penserait avoir satisfait au pèlerinage de la Mecque , s'il n'avait baisé plusieurs fois cette pierre merveilleuse. On lui attribue la faculté de surnager dans l'eau , d'engraisser le chameau qui la porte , et de devenir quelquefois si pesante, que plusieurs bœufs ou chameaux ne

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