‹ De la religionChapitre 37 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VIII

peut employer ce mot, et la subdivisant en fractions isolées, l'empêcha de se réunir contre ses tyrans qui se disaient ses guides.

Les pays où l'institution des castes se trouve le plus clairement et le plus solidement établie, sont précisément ceux dans lesquels se combinent l'adoration des astres et la chaleur du climat; cause secondaire, comme nous l'avons dit, mais très-favorable à la puissance des prêtres.

Aussi font-ils toujours remonter aux dieux cette classification de l'espèce humaine. Chez les Indiens, Brama en est l'auteur (i). Isis l'établit chez les Egyptiens. Diemschid, dirigé par

(1) Brama voyant la terre vide d'habitants, créa de sa bouche un fils qu'il nomma Brahman , et qui fut la tige de la caste des Brames. Il lui révéla les Vèdes émanés de ses quatre bouches. Brahman , dont la mission consistait à interpréter et à répandre la parole divine , se retira dans la profondeur des bois. Là, il se voyait menace sans cesse par les animaux féroces. Il invoqua son père contre ces dangers. Du bras droit dé Brama sortit alors un Cutterie ( guerrier ) qui, en se mariant avec sa sœur, que le créateur avait tiré de son bras gauche, fut la souche de la seconde caste. Mais tout entier à la défense de son frère aîné , il ne pouvait cultiver la terre ni pourvoir à ses besoins. De la cuisse droite de Brama , naquit Vai-

un héros sous l'immédiate inspiration. d'Oromaze, partage en quatre classes les habitants de la Bactriane(i); et dans l'antique Assyrie, c'est encore Mahabad (2), le premier législateur, le premier roi, mais aussi le premier

sya, auquel la caste des agriculteurs et des commerçants dut la naissance. Enfin les travaux serviles restant à exécuter, le pied droit de Brama enfanta un fils, Soudra , qui , de même que ses descendants , fut consacré à la servitude. ( Polier , Myth. des Indiens. )

Ci) Arrien, VII. Strabon , XVI.

(2) Dabistan, p. 35-5o; traduction de Dalberg. Le Dabistan a passé long-temps pour être une traduction persane d'un manuscrit Ptehlvi , par un Mahométan de Cachemire, Shbik Mahommed Mohsen, surnommé Fani. Mais il parait aujourd'hui plus vraisemblable, d'après les recherches de M. Silvestre de Sacy, que cet ouvrage , ainsi que le Desatir, autre prétendu manuscrit Pehlvi duquel le Dabistan fait des allusions fréquentes', est l'œuvre de quelque faussaire indien, écrivant postérieurement à 1'étafelissenvent du mahométisme -, et sous l'influence de cette croyance conquérante. Cependant , comine l'auteur de cette imposture annonçait le tableau des religions de l'Asie dès la plus haute antiquité , il -a dû recueillir les traditions les plus anciennes ; et celle qui attribue à la division «n castes une origine surnaturelle est d'autant pins certainement de ce nombre, qu'elle s'accorde avec ce que toutes tes autres mythtttogies racontent sur ce point.

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