‹ De la religionChapitre 38 sur 248 · LIVRE Hf, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE Hf, CHAPITRE VIII

prophète et l'inventeur du premier langage, qui flivise en castes les peuples soumis (i).

(1} Un fait prouve combien les prêtres s int attachés à la division en castes. La seule persécution qui ait eu lieu dans l'Inde a été exercée contre les Bouddhistes , non à cause de leur doctrine religieuse , mais parce qu'ils attaquèrent la division en castes, et voulurent la détruire. (Schleg. Weish. der Indier, p. i83. ) Cette particularité explique les contradictions des Indiens au sujet de Bouddha. Il est, d'après eux, le neuvième avatar qu la neuvième incarnation de Wichnou. ( Voy. Aboui- Fazel , dans l'Ayin Akbery. ) Mais il ne jouit d'aucun culte : ses temples sopt déserts, ses idoles renversées. Tout ce qui le concerne est entouré d'une sorte d'horreur. La planète à laquelle il préside ( Mercure ) est accusée d'une influence funeste. Cependant, comme l'observe Creutzer ( Trad. fr. p. 3oo ), il n'y a qu'un pas de la philosophie vedanta au bouddhaïsme. A. W. Schlegel , en parcourant les doctrines bramaïques, démontre cette identité. ( Indisch. Bibl. I, 4> 4 >4- ) Mais la réforme de Bouddha tendait à effacer la distinction des castes. De là la vague flétrissure qui pèse sur son nom et la proscription de ses sectateurs. Il y a plus ; la division en castes a, tant d'attraits pour le sacerdoce , que les prêtres bouddhistes, qui dominent dans l'île de Ceylan, y ont réintroduit, contre l'intention et les préceptes de leur fondateur, quelque chose de semblable. Les radis ou radias sont les parias de cette île. Quiconque les touche , même par hasard , devient impur. Ils sont obligés de se jeter sur le ventre , lorsqu'ils rencontrent un membre de la

yO DE LA RELIGION,

Cette division est en général assez uniforme. Les variations peu importantes qu'on remarque dans les récits des voyageurs n'ébranlent point l'authenticité et ne changent rien à la nature du fait principal.

De nos jours, non moins que dans l'antiquité la plus reculée, le premier ordre aux Indes est celui des Brames (i) , le second celui des guerriers (2). Il importe peu que sur les

caste supérieure. Cette conduite des prêtres bouddhistes, nous a rappelé celle des premiers réformateurs protestants , qui , proscrits dans les pays catholiques pour avoir réclamé la liberté d'examen , ont proscrit à leur tour dans les états où ils étaient devenus une puissance, ceux qui réclamaient cette même liberté. La nature a accordé aux radias de l'île de Ceylan," en dédommagement de leur proscription , des femmes plus belles que celles d'aucune autre caste. Aussi les riches les enlèvent , ayant adopté pour règle que les femmes ne sont impures que pour les femmes. Ce fait renverse l'hypothèse qui attribue l'avilissement des parias à leur difformité,

(1) Ils se disent issus de la tête de Brama.

(2) Issus des épaules de Brama. Cette généalogie divine des castes est rapportée dans le symbole des Brames. Peut-être, ajoutent les auteurs de ce symbole, ces généalogies sont-elles allégoriques, mais nous les croyons très-réelles. ( Bhag. Gita, Préf. xxxvi. ) Nous retrouvons la caste des guerriers, ou Cutteries, dans les Cathaei d'AnniEN. (Lib. V, 22. )

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