‹ De la religionChapitre 40 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE VIII

triomphe de la foi et la multiplication des fidèles^).

A plus forte raison, les mariages inégaux sont-ils défendus. La mort en était jadis la peine inévitable. L'adoucissement des mœurs a substitué à cette punition celle du bannissement, et les brames se sont arrogé le droit de prendre des femmes dans la caste des guerriers (2). Mais si le temps et la nature ont ainsi mitigé la sévérité des institutions, les races croisées qui résultent de ces alliances impies sont toujours considérées avec défaveur, et des professions ignobles leur sont assignées (3).

Au plus bas échelon de cette hiérarchie tyrannique, on aperçoit une race proscrite, en dehors de l'état social. Les malheureux Parias, comme on sait, pécheurs ou tanneurs pour la plupart,

qu'ayant consulté un Zimendar sur l'arbre nommé Madhora et sur son utilité, celui-ci regarda ces questions comme un outrage, et lui répondit d'un ton de reproche : Que puis-je savoir relativement à un arbre qui ne sert qu'au peuple? (As. Res. I, 3o5.)

(i ) Description du Malabar, par ZEBBEDDiEN-MuiKnoM, écrite en arabe, vers l'an i57g.

(a) Asiat. Res. V, 16.

(3) Asiat. Res. V, 53-67.

ne sont pas au rang des hommes (i). Ils sont exclus de toute société, repoussés des chemins, des fontaines, des temples ; leur attouchement, leur présence, leur souffle sont impurs. Autrefois on pouvait les tuer sans crime ; aujourd'hui encore , les autres castes se feraient scrupule de les secourir (2).

(1) Herder, Phil. de l'Hist. III, 42. Roger, Pagan. Indien, I, 2. Pyrard, I, 276. On peut voir une description détaillée et révoltante de cette misérable caste, dans le Voyage au pays de Bambou, p. 76. Les lois de Menou sanctionnent la proscription des Parias. (Lois de Menou, p. 38 1). Ils sont les exécuteurs des criminels condamnés à mort. (Sonnerat, I, 47-) Mais ce qui prouve que ce n'est point en cette qualité qu'ils sont immondes, c'est que leur nombre est tellement considérable qu'ils ne sauraient se restreindre à une profession pareille. Ils ne sont point infâmes parce qu'ils l'exercent, ils l'exercent parce qu'ils sont infâmes. Les Indiens , qui prennent soin des serpents et des insectes, laisseraient périr un paria de peur de le toucher.

(2) On a révoqué en doute l'état de proscription dans lequel la religion précipite les parias. On a objecté l'impossibilité d'empêcher que dans les villes commerçantes , comme Bénarès, Patna, Delhi, Agra, ces parias, commerçants eux-mêmes, ne rencontrent à chaque instant des cutteries ou des brames , et n'aient avec eux de fréquentes communications. Nous accordons volontiers que le temps et l'industrie modifient les institutions et les font dévier

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