LIVRE III, CH4PÎTRE VIII
toujours héréditairement la première de toutes les classes (i); les guerriers forment la seconde (2), et il est remarquable que lesj*axdeurs de troupeaux étaient en Egypte, conime les Parias aux Indes , l'objet du mépris universel (3). Seuls entre tous les Egyptiens , dit Hérodote , ils ne peuvent entrer dans les tem-
membres devaient rester fidèles à la profession de leurs pères. Diodore, dans un endroit, n'en indique que trois (I, a -8); et Strabon (XVII) confirme cette assertion par son témoignage. Cependant le même Diodore porte ailleurs (1^ 73-74) ces divisions àù honibré de cinq; et Platon distingue six ordres , les prêtres , les soldats , les agriculteurs, les artisans, lés rhasseurs et les bèrgéfrs. ( In Timaeo. )
(1) Dès le temps de Joseph, les prêtres interprètes des hiéroglyphes formaient déjà une classe à part. (Étjseb. Praep. Evang. lib. II.) Lés Égyptiens comptaient à Thèbes, depuis Menés jusqu'au temps d'Hécatée de Mil et , 34'5 prêtres, qui s'étaient succédé de père en fils. (Hérôd.
(a) La caste militaire se composait de deux grandes trifeus, les hermotybiens et les calasiriens, auxquels étaient assignés en propriété quelques-uns des nomes les plus fertiles dé l'Egypte. Toute occupation mécanique leur était interdite. (HÉROb. II, 164, 368. Diod. I, 73. Lê- TROfcWfe sur Rollin.)
(3) Genèse, XLVI, 34.
pies. Personne ne veut leur donner ses filles en mariage ni épouser les leurs. Ils ne se marient qu'entre eux (1).
Il ne faut pas méconnaître toutefois quelques différences qu'un œil attentif démêle entre les institutions de l'Inde et celles de l'Egypte. Celles-ci tenaient peut-être à lapolitique autant qu'à la religion (9.). Le passage d'Hérodote que
(1) Hérod. II, 47- Le mépris des Égyptiens pour les gardeurs de pourceaux , venait de leur haine contre les tribus nomades , qui menaçaient perpétuellement leurs repos et leurs propriétés. D'après le genre de vie des pasteurs, dit M. Heeren ( Idem , II , 635 ) , on ne devait les regarder en Egypte que comme des ennemis qu'il fallait supporter, faute de pouvoir s'en délivrer tout-à-fait. Le vaste et montagneux pays qu'ils habitaient n'était qu'imparfaitement soumis par les Pharaons, et l'assujettissement des hordes errantes était toujours incertain et précaire. De là les sentimens d'aversion que les Égyptiens éprouvaient pour eux , et que la caste sacerdotale entretenait avec soin. Le passage de la Genèse, XL VI, 34, prouve que cette défaveur remonte jusqu'aux âges les plus reculés.
(a) Un auteur allemand, des lumières duquel j'aime à reconnaître que j'ai profité, M. Heeren, me paraît cependant s'être exagéré à ce sujet la part de la politique. « Les castes, » dit-il (Ideen, II, 5g4), « ne s'établirent en « Egypte, d'une manière positive, qu'après la réunion « de cette contrée en un seul royaume. Bien que l'ori-