CHAPITRE IX
Des Corporations sacerdotales remplaçant les castes.
JLes Éthiopiens, les Indiens et les habitants de l'Egypte sont les peuples de l'antiquité chez lesquels on aperçoit le plus clairement la division en castes. Chez plusieurs autres, divers symptômes semblent indiquer que cette division avait existé, mais s'était affaiblie. Il est, par exemple, vraisemblable que, dans la patrie primitive des mages , en Médie et surtout en Bactriane, cet ordre était une véritable caste: mais la révolution qui le transporta dans la Perse proprement dite, l'ayant placé plus ou moins sous la dépendance du pouvoir royal , dénatura l'institution. Bien que prescrite formellement par Zoroastre (i), la division en
(i) Nous parlerons ailleurs de la réforme opérée dans
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castes ne fut jamais mise en pratique avec scrupule et exactitude. Nous apercevons bien chez les Perses une classe de nobles, une de guerriers, une de laboureurs; mais rien ne prouve que ces classes fussent nécessairement héréditaires , l'hérédité du sacerdoce est seule attestée par les anciens(i).
l.i religion des Perses par Zoroastre, le protégé et l'instrument d'un vainqueur, et qui rattacha un code de despotisme religieux et politique aux anciens souvenirs d'un peuple policé que des barbares avaient asservi. Il appuya la division en castes sur des traditions sacrées, séparant la nation, soit en sept classes correspondant aux sept amschaspands, serviteurs d'Oromaze, soit en quatre, analogues aux quatre éléments. Mais cette classification théocratique, héritage d'un sacerdoce déchusse modifia rapidement par l'effet graduel de la conquête; les barrières politiques subsistèrent; la nation religieuse s'affaiblit.
(1) Hvde, de Rel. Persar. p. 354- Per secula multa.... apud Persas nemo nisi sacerdotis filius in sacerdotio succedebat. SciiMinT. de Sacerd. et Sacrif. JEg. p. 8. On peut consulter au reste, sur la constitution du clergé chez les Perses, Ammien Marcellin , XXIII. Solin, cap. 55. Les mages avaient un chef nommé archimage. ( SozomÈne. II, 73. ) Ils étaient divisés en trois classes : les Destur-Mobeds , maîtres accomplis; les Mobeds, maîtres; les Herbeds, apprentis. ( Zenda-Vesta , H. ) L'observance des usages religieux, des formules, prières ou liturgies leur était confié. ( HÉrod. I, i3a. ) Une hiérar-