LIVRE III, CHAPITRE X
de présider aux prières, aux sacrifices, aux cérémonies les plus importantes comme aux moindres rites du culte extérieur. Les mages , chez les Perses, étaient chargés de toutes les offrandes: leurs invocations seules étaient efficaces (i), et la consécration des victimes consistait en une théogonie chantée par un membre de cet ordre (2). Ces théogonies, transmissions vivantes de la parole éternelle, avaient un pouvoir irrésistible: les mages, dans une régulière et perpétuelle succession , les répétaient, tantôt seuls dans les temples, tantôt devant les fidèles assemblés. Ils les variaient d'après les positions du soleil, les saisons de l'année, les instants du jour: mais elles ne devaient jamais être interrompues. Le monde
très que les membres de ces corporations se déclaraient propriétaires de ce monopole. Ils avaient, en conséquence , un esprit sacerdotal , c'est-à-dire un esprit de mystère, d'exclusion et d'intolérance : et c'est le bon sens du langage, qui souvent déconcerte le calcul des hommes ; c'est ce bon sens , disons - nous , qui les a toujours nommés prêtres, et non philosophes et savants.
(1) Clfarch., ap. Diog. I, 6.
(») Herodot. I, i3a.
privé de leur retentissement salutaire > se fût écroulé dans une confusion prématurée : le silence des mages eût été la dernière heure de l'univers.
Quiconque en Egypte immolait une victime qui n'était pas marquée du sceau sacerdotal était puni de mort(i). Chez les Gaulois, les druides (2) expliquent seuls les présages (3). Ils observent seuls le voLdes oiseaux. Nulle main profane n'ose fouiller dans les entrailles des hommes immolés aux dieux (4). Les prêtres
( 1 ) Hèrodot. II. Schmidt, de Sacrif. et Sacerd. iEgypt. p. 82. Si nos lecteurs veulent se convaincre des innombrables fonctions des prêtres d'Egypte, ils peuvent consulter Meiners, de vero Deo, p. 40, 4i- Les plus minu? tieuses, celles, par exemple, de couvrir les statues des dieux de leurs ornements, étaient héréditaires dans une classe de prêtres , les Hiérostolistes.
(a) Le chef des druides habitait, selon les uns, l'Islande; selon les autres , la Grande-Bretagne. Les Gaulois , du temps de César,, allaient en Bretagne s'instruire de leur religion. C'était là que les druides apprenaient la doctrine secrète.
(3) Les mages avaient seuls aussi le droit de prédire l'avenir.
(4)Dion. V,2lô; Stbab. IV; Ces. de Jîello Gall VI, 1 3.