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LIVRE III, CHAPITRE X. i)t

Dans toutes les fêtes des Indiens, les brames président (i), et qui pourrait usurper leur place? Brama existe et habite en eux. Ils sont ses enfants : les honorer, c'est l'honorer luimême ; il reçoit avec une égale bienveillance les hommages qui lui sont adressés, et ceux qu'on dirige vers ses représentants sur la terre (2). Leur main , douée d'une force et d'une vertu miraculeuse, arrose d'une eau consacrée les animaux nourriciers de l'homme , les meubles façonnés pour les usages divers de la vie, les armes destinées à sa défense (3). Ils fixent les jours heureux et les jours funestes. Ils enseignent seuls aux fidèles les prières légitimes; et si quelqu'un les révélait à un autre, la tête de ce dernier se fendrait : menace ingénieuse qui ,

(1) C'est par erreur qu'on a prétendu qu'il y avait dans l'Inde des tribus de pontifes qui ne descendent pas des brames, et ne sont pas bramines eux-rnème». Le fait peut être vrai pour quelques sectes hétérodoxes. Mais c'est une exception, ou pour mieux dire une infraction à lu règle religieuse. Les lois de Menou sont formelles à cet égard. ( Lois de Menou', I, 88. X, 75-78.)

(2) Beschreib. der Relig. der Malabar. Pind. Rog. Pag. Ind. Polier , Myth. des Hindoux.

(3) Sonmerat, Voy. aux Indes.

pour contenir l'indiscrétion, décourage la curiosité. La divination leur est réservée (i). Nul ne peut construire une pagode , qu'une révélation ne l'ait instruit du lieu que la divinité préfère, et les brames sont toujours acteurs nécessaires dans ces révélations.

Tous les dogmes sont modifiés d'après ce principe. Les eaux du Gange ont une vertu miraculeuse pour l'expiation des péchés. Mais il était à craindre que les coupables , avides d'absolution , n'échappassent à la puissance sacerdotale en se plongeant eux-mêmes dans cette onde salutaire. En conséquence, il faut tenir en main des brins de paille bénis par un brame (2). Les dieux mêmes attendent docile-

(ij Eos solos (les Brachmanes ), esse inter Indos divinandi peritos, neque cuiquam divinationem permitti, nisi sapienti viro. ( Arrian in Indis. )

(2) Les brames remplissent les plus petites formalités dans les cérémonies, celle, par exemple, de jeter du bois dans le feu, etc. Voy. pour le nombre de fêtes et d'actions religieuses, pour lesquelles la présence des bramines est indispensable, Herder, Philosophie de l'Histoire, III, 39. Les branches sacrées du hom des Perses ne sont propres au service religieux qu'après qu'un destour les a trempées dans une eau bénite où elles doivent rester un an. (Anquetil, Voy. aux Indes. Rleucker, Zènda- Vesta, III, 6. )

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