‹ De la religionChapitre 56 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE X. I · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE X. I

pourrait encore regarder aujourd'hui comme un vestige de l'excommunication jadis en usage, la dégradation dont ces mêmes brames prétendent frapper à volonté les membres des autres castes, lorsque ces derniers opposent à des demandes multipliées des refus opiniâtres. Cette dégradation spirituelle les fait descendre dans une caste inférieure (i).

Tant et de si diverses prérogatives étaient , comme on le prévoit facilement, accompagnées partout de vastes propriétés et d'exemptions nombreuses. Les prêtres égyptiens ne payaient aucun tribut , mais étaient chargés de les recueillir (2). Isis, disaient-ils, leur avait donné en propriété le tiers de l'Egypte (3) pour leur

disent les Siamois, souffrit en enfer pendant cinquante générations, pour avoir atteint d'une petite pierre un talapoin et l'avoir blessé. Ainsi voici le dieu suprême puni pour avoir blessé un prêtre. Sans doute ces fables n'étaient calculées que pour le peuple , mais elles indiquent l'esprit sacerdotal. ( Laloubère, II, fit. )

(i)Lettr. édif. XIII, 144.

(a) Diod. Joseph. Ant. Judaic. Schmidt, de Sac. p. 9. et 8a. Clem. Alex.

(3) Les probabilités qui indiquent que l'Egypte fut peuplée par des colonies sacerdotales, nous portent éga-

roB de la religion,

entretien et les frais du culte. Lorsque Pharaon s'empara de l'argent, des troupeaux et des biens de ses sujets, il ne toucha point aux possessions des prêtres (i).

Dans l'Inde, au défaut de parents, les brames son t| héritiers (2). Les Gaulois léguaient en mourant leurs biens aux dieux et à leurs ministres (3). Strabon nous parle des domaines immenses qui appartenaient aux druides, et des esclaves qui les cultivaient. Il y avait des temples au service desquels plus de six mille

lement à croire que, lors de l'établissement de ces colonies, les prêtres qui étaient à leur tête devinrent les propriétaires du territoire entier. Mais cet ordre de choses dut subir et subit en effet des changements. Ce qui le prouve, c'est que déjà, du temps de Joseph, il y avait des propriétaires qui n'étaient pas de la caste des prêtres, et ce furent eux qui , lors de la famine , cédèrent au roi leur patrimoine pour avoir du grain. L'assertion de Diodore, que les terres étaient partagées entre le roi, les prêtres et les soldats , n'est vraisemblablement pas tout-àfait exacte. Mais elle démontre toujours que les prêtres avaient de grandes propriétés.

(1) Genèse, XLVII, 17-22.

(2) Code des Gentoux.

(3) Pelloutier, VIII, p. 111.

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