‹ De la religionChapitre 57 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE X. IOQ · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE X. IOQ

serfs étaient attachés (i). L'Arménie nous offre lemèmespectacleautourdesautelsd'Anaïtis(2).

Moïse, dont le sacerdoce était imité de celui des Égyptiens (3), donna aux lévites la dîme des récoltes et du produit des troupeaux, tout ce qui tombait en interdit, tout ce qu'on vouait au Seigneur , le rachat des premiers-nés , une part dans tous les animaux qu'on tuait, enfin les prémices des fruits. Des lois sévères dans ce monde (4), d'effroyables châtiments dans l'autre (5), servaient de boulevards à ces im-

(i)Strabon, IV, XI, XII. Les prêtres de Cappadoce et du Pont avaient également une foule d'esclaves. (Strabon, ib. )

(i) Plin. Hist. Nat. XXX, 24.

(3) OuTBAia,de Sacrif. I, 4, 43. Michaelis Mos. Recht. I, 147-157.

(4) Leg. Frisior. p. 5o8.

(5) « Celui qui reprend des terres données aux dieux « ou aux prêtres , fait que ses ancêtres retournent en « enfer, fussent-ils même déjà dans le ciel. » Inscript, trad. du Samscrit. As. Res, IX, l\\i. « Prince, souvenez- « vous d'Héliodore et de la main de Dieu qui fut sur lui « pour avoir voulu envahir les biens mis en dépôt dans « le temple. Ces grands biens viennent des rois , je l'a- «voue; mais ce qu'ils ont donné, ils l'avaient première-

menses propriétés. Le glaive et l'anathème, la législation et les prestiges , les dieux et les démons étaient armés pour les garantir.

Comblés de richesses et dispensés de toute charge pécuniaire , les prêtres s'étaient également affranchis de tous les autres devoirs dangereux ou pénibles. Même chez les nations les plus guerrières, ils n'étaient point obligés de porter les armes (i) : même pour les crimes les plus graves , ils ne pouvaient être mis à mort.

Le sacerdoce chrétien a long-temps réclamé un pareil privilège. On voit encore des traces de cette exemption en Angleterre, dans ce qu'on nomme le bénéfice du clergé. Les brames en jouissaient autrefois aux Indes (2). Mais aujourd'hui que le temps de leur puissance illi-

« ment reçu de Dieu. Quel attentat de ravir à Dieu ce « qui vient de lui et ce qu'on Jui donne , et de mettre la « main dessus pour le reprendre de dessus ses autels ! » Ceci n'est pas tiré des Vèdes , mais de la Politique de l'Écriture-Sainte par Bossuet.

(1) Druîdas a bello abesse consueverunt, neque tributa una cum reliquis pendunt. Militiae vocationis omniumque rerum habent immunitatem. ( Ces. de Bell. Gallic. )

(a) Meinkbs, de C;istar. Orig. Comm. Soc. Gôtt.

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