LIVRE 111, CHAPITRE X
poésie , chez les Gaulois, n'était permise qu'aux bardes, classe inférieure de l'ordre des druides (i). Encore les hymnes sacrés et les cantiques qui contenaient les éléments des diverses connaissances devaient être composés par la classe supérieure (2). Précepteurs uniques de la jeunesse, qu'ils entraînaient au fond des forêts, pour que leurs leçons produisissent une impression plus profonde, les druides se gardaient néanmoins de l'initier 'dans leur doctrine, sur ce qu'ils appelaient la physiologie et lamagie(3), c'est-à-dire sur l'interprétation de la nature, et sur les moyens de se procurer des communications surnaturelles. Les mages s'étaient chargés de même de l'éducation dans le vaste empire des Perses (4), et nulle instruction ne pouvait émaner d'une autre source (5).
(i) Fréret, Acad. des Inscr. XXIV, 399. (a) Pelloittier, II et VII, p. 186.
(3) Os. de Bello Gallico, VI, 14. Strab. IV. PompoV Mêla, III, 2. Diog. Laert. Proœm.
(4) Nommément celle du fils du roi. Plat. I" Alcib. Les prêtres mexicains étaient aussi les instituteurs des rois.
(5) Leclerc, Hist. Phil. 266. Brucker, II, i65.
Chez tous ces peuples , la médecine, science qui a beaucoup de rapports avec la religion, telle que la conçoivent les prêtres, parce qu'elle est à la lois affirmative et conjecturale, était réunie au sacerdoce. Nous avons vu cette réunion dès l'état sauvage , dans la personne des jongleurs (i). Les simples salutaires ne pou-
(l) Piutarque ( Vie de Numa ) nous montre Faune et Picus , dçux anciennes divinités du Latiuro barbare , étonnant l'Italie par les prodiges qu'ils opéraient avec des incantations et des simples. Or, on a souvent attribué aux dieux le genre de vie de leurs prêtres. Mélampus, que le sacerdoce d'Egypte ( Hérodot. II, 4o ) et celui de Pbénicie se disputaient la gloire d'avoir formé ( Diod. I , 96 ), et qui apporta en Grèce les cérémonies de Bacchus, était à la fois prêtre et médecin. ( Apollod. II. Serv. in Virgil. Georg. III, 55o. M. in Virgil. Eclog. VI, 48. ) Cette double qualité se trouve dans Léo Janin, dont les annales chinoises nous parlent à une époque trèsreculée. ( Meiners, de vero Do, p. 146. ) Les brames sont encore de nos jours les médecins de toute l'Inde. ( Sonnerat, Voy. ) Il en était de même en Chaldée. ( Piine, Strabok. ) Les lévites n'étaient pas seulement les prêtres de Jéhovah, les gardiens, les lecteurs et les interprètes des livres sacrés. Ils étaient de plus les médecins, les écrivains publics et les inspecteurs des poids et mesures. Les Mexicains , dans leurs maladies , ne consultaient que leurs prêtres. La troisième classe du sacerdoce en Egypte était chargée du traitement de tous les maux