LIVRE IIÏ, CHAPITRE X. I
\ aient être touchés que par les prêtres avec de certaines cérémonies(t); et le fameux œuf «le serpent, les vertus attribuées au gui de chêne, les solennités avec lesquelles on cueillait le samolus et la selago , n'étaient que la combinaison de quelques secrets de médecine avec des rites mystérieux (2).
Ces connaissances, renfermées avec tant de soins dans le sanctuaire , ne se communiquaient que très-difficilement aux étrangers et aux profanes (3). Les anciens nous attestent
physiques , et se conformait dans ce traitement aux préceptes des six derniers livres de Mercure Trismégiste, qui , subordonnant la médecine à l'astronomie et à l'astrologie, jugeait la nature des maladies et l'effet des remèdes d'après leurs rapports supposés avec les planètes. ( Dion. I, 81. Schmist, de Sacr. et Sacerd. ./Eg. ig5. ) Les Égyptiens donnaient à Isis le surnom de Salutaire ( Gruter. p. 83. Fabrett. p. 470 ), et la peignaient dans ses attributs de déesse de la médecine, suivie d'un bon génie , sous la forme d'un serpent. ( Zoega , Nummi -Egypt. imperat. tab. XXI, n° 21 5. ) Encore aujourd'hui dans le Tibet , les médecins et les astronomes sont tirés de la classe des gellongs ou prêtres. ( Maver, Myth. Lexic. art. Gellong. )
(1) Plin. Hist. Nat. XVI, M; XXIV, 11.
(y FÉnél. Acad. Inscr. XXIV, 19.
(3) L'un des principaux privilèges des rois de Perse
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les obstacles qu'Eudoxe, qui voyageait avec Platon, eut à surmonter, pour obtenir quelques fragments incomplets des hypothèses égyptiennes sur l'astronomie (i). Des confidences ainsi arrachées étaient toujours enveloppées de ténèbres. Jamblique, que son caractère et son époque disposaient à l'admiration de tout ce qui était inintelligible y vante la sagesse de ces hommes qui, dit-il, imitent la nature, en s'entourant d'obscurité (2).
Voyez, en effet, que de précautions contre les peuples. Le vulgaire des Egyptiens ne peut apprendre à lire sans crime (3). Deux ou trois espèces de langage (4), et d'écriture (5) dont
était d'être initié à la doctrine des mages, ( Brisson , de Reg. Pers. princip., p. 384- ) Cette initiation ne s'accordait à tout autre que par une faveur dont la rareté augmentait le prix. Thémistocle 'l'obtint. ( Plut, in Themist. )
(l) Strab. XVII.
(a) Jamblich. de Myst. aegypt. sect. VIII.
(3) Diod. I.
(4) Le sacerdoce ne daignait pas même expliquer aux profanes les paroles qu'il leur commandait de prononcer. Lors de l'inauguration d'Apis à Memphis , dans le temple de Vulcain , le roi et toute sa cour allaient à sa rencontre , et les jeunes gens chantaient en son honneur des vers que personne ne comprenait.
(5) Hérodot. II, 36. Larcher, Not. ib. 11S. Diod. I
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chacune était un nouveau mystère, servaient de double et triple rempart contre une curiosité indiscrète (i). Les druides aussi repous-
et III. Clém. Axex. Strom. V. Porphtr. de Vit. Pyth. Diodore dit, à la vérité, qu'en Ethiopie l'intelligence des hiéroglyphes n'était pas, comme en Egypte, uniquement réservée aux prêtres, et que tout le monde pouvait y parvenir. Mais en Egypte même , l'écriture sacrée ou hiératique n'était pas l'écriture hiéroglyphique. Clément d'Alexandrie ( Strom. V , 4 ) , en énumérant les diverses espèces d'écriture en usage , dit qu'il y en avait trois , la hiéroglyphique, la sacrée, et l'alphabétique. Cette distinction se rapproche assez de celle qui résulte des découvertes de M. Champollion jeune. Il* divise les modes d'écriture usités en Egypte, en hiéroglyphiques, hiératiques, qui n'étaient que des hiéroglyphes abrégés, ou, comme il s'exprime, la tachygraphie des hiéroglyphes , et démotiques ou populaires. (Précis du syst. hiérogl.p. xm.) Les subdivisions dans lesquelles il entre avec une sagacité merveilleuse nous entraîneraient trop loin et nous sont étrangères. Mais il résulte de sa donnée première et fondamentale, que les prêtres avaient une écriture sacrée, indépendante des hiéroglyphes, et que la connaissance de celle-ci pouvait être permise au peuple, sans qu'il parvînt par là à l'intelligence de la première. Peutêtre cependant prirent-ils une précaution de plus, celle d'interdire au vulgaire la connaissance des hiéroglyphes mêmes.
(i) Les livres d'Hermès étaient montrés en pompe à Fa
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saient l'écriture; et quand elle s'appliquait à la religion, ils la déclaraient le plus grand des crimes (i). La lecture des Vèdes n'est permise qu'aux brames fa) ; et de l'huile bouillante doit être versée dans la bouche de quiconque brave cette interdiction (3).
Ainsi, comme l'existence du sacerdoce repose sur le mystère, il réunit tous les développements de la force, toutes tes ressources
multitude, mais ne s'ouvraient jamais pour elle. (./Eman. Var. Hist. XIV, 34. )
( i ) Les Druses ordonnent de mettre en pièces tout infidèle, incrédule ou apostat, qui aurait un exemplaire de leur livre sacré, ou qui se serait procuré la connaissance de son contenu. ( Muséum Cuficum. Rome, 1782, L.° ) Examiner la religion est à leurs yeux apostasie. Ils ont, disent-ils, livré à Hakim ame et corps, cheveux et nombril. Les Sabéens attachent la même importance à la possession exclusive de leurs dogmes. ( Norberg, de Rel. et Ling. Sabaeor, )
(2) Préf. du Bhag.-Gita, par Wixkins, p. 5.
(3) Asiat. Res. II, 34o-345. Nous avons rappelé ce fait dans la préface de notre premier volume. On a cru que nous l'avions inventé pour faire une allusion malveillante au clergé catholique. Ne rien savoir est un inconvénient, et s'attribuer une importance telle que tout paraisse une attaque ou directe- ou détournée, est un mauvais point de départ pour la critique.