LIVRE III, CHAPITRE X. IIQ
de la ruse , pour ajouter aux ténèbres qui l'entourent et pour en perpétuer la durée.
Les prêtres ne se mettent pas en garde seulement contre les peuples qu'ils gouvernent : ils étendent la défiance jusque sur euxmêmes. Les subdivisions de leur hiérarchie (i), aux Indes et en Egypte (2), comme dans les
(1) « Non-seulement la division en castes avait pour « but de séparer les races entre elles ; mais il y avait des « barrières entre les prêtres du même rang. Ceux d'une « divinité ne pouvaient être admis dans le corps des prête très d'une autre. Ceux de Vulcain, à Memphis, n'au- « raient pas été reçus dans la corporation d'Héliopolis. « Ces séparations avaient pu tenir originairement à ce « que les divers sacerdoces avaient été fondés par diverses « colonies; mais le sacerdoce en général en avait profité. « Chaque corporation était soumise à un grand-prêtre. « Ces grands-prêtres seuls correspondaient entre eu»; » Hef.rkn, II, 597-598-
(2) Un passage de Clément d'Alexandrie ( Strom. V, 4), trop connu et trop long pour que nous le rapportions ici en entier , indique quelques-unes des subdivisions de la hiérarchie égyptienne, les chantres, les horoscopes , les stolistes, les prophètes; car bien que l'auteur s'exprime au singulier, il est évident qu'iL s'agit de classes et non pas d'individus. ( Voy. p.iai , note i , la phrase positive de Diodore. ) Mais l'énumération est fort incomplète, comme on peut s'en convaincre en la comparant aux témoignages d'autres écrivains de l'antiquité»
Gaules, avaient pour effet naturel de cacher aux rangs subalternes les secrets les plus importants. Des quarante-deux livres de Mercure Trismégiste (i), les trente-six premiers n'étaient connus que des classes supérieures (2).
Le sacerdoce ne se montrait pas moins prévoyant contre les individus. Aucun particulier r même quand il était membre des corporations sacrées, n'écrivait en son propre nom, sur la religion ou la philosophie (3).
Quelques modernes ont remarqué, comme un objet de surprise, que l'histoire, en nous
(1) Ces quarante-deux livres, que Clément d'Alexandrie qualifie d'indispensables, ne formaient qu'une petite partie des ouvrages attribués à Hermès. La collection qui portait ce nom r et dans laquelle, ainsi qu'on le verra, les prêtres inséraient toutes leurs productions successives, s'élevait à vingt mille, ou même , suivant Jamblique, à trente-six mille cinq cent vingt-cinq volumes.
(2) Clément Alex. Strom. VI. Schmidt, p. 78 et 195. La division des livres de Mercure Trismégiste en cinq corps d'ouvrages, traitant de la religion et de toutes les sciences, ressemble beaucoup à la division des Vèdes.
(3) Paw, Recherches sur les Égyptiens et les Chinois, II, 176.