LIVRE III, CHAPITRE' X
toute l'histoire égyptienne , dit un auteur alle-
relie de la géométrie , de l'arithmétique , de l'astronomie , de la médecine , de la musique et du rhythme, l'institution de la religion et des pompes sacrées , par là même de la gymnastique et de la danse , enfin les arts moins indispensables, mais non moins précieux, de l'architecture, de la sculpture et de la peinture. On lui attribuait tant de volumes sur tous les objets des connaissances humaines , que nul mortel n'aurait pu les composer^ Fabric. Biblioth. graec. I, la, 85-94- ) On lui faisait honneur même de découvertes fort postérieures à l'époque fictive de son apparition sur la terre. Tous les perfectionnements successifs de l'astronomie , et en général les travaux de chaque siècle, devenaient sa propriété et ajoutaient à sa gloire. De la sorte, les noms des individus se perdaient dans l'ordre nombreux des prêtres, et le mérite que chacun s'était acquis par ses observations et ses veilles , tournait au profit de l'association sacerdotale, en étant rapporté au génie tutélaire de cette association ; génie qui , par sa double figure , indiquait la nécessité d'une double doctrine , dont la portion la plus importante appartenait aux prêtres seuls. L'individu ne trouvait de récompense que dans l'éclat qu'il procurait à l'ordre dont il était membre. A ce premier attribut de Thoth s'en joignit un second , celui de protecteur du commerce ; et c'était encore l'expression de l'influence des prêtres sur les expéditions commerciales , influence que M. Heeren a clairement démontrée , et dont nous parlerons dans le livre suivant. Ici nous sommes forcés de laisser de côté les autres idées, diversifiées à l'infini,
\l(\ DE LA RELIGION,
mand (i), on n'entend jamais parler des talens ou du mérite d'aucun prêtre en particulier. Il n'y a point d'inventeur qui se fasse connaître , point d'individu qui ait une influence marquée sur le peuple. Cette suprématie de la corporation , et cette absence de toute prééminence individuelle, ne peuvent être un effet du hasard. Le sacerdoce avait réfléchi que les qualités éminentes de quelques-uns nuiraient à la considération du reste. Il voulait jouir en commun de la vénération nationale. Il voulait la léguer ainsi collective à ses successeurs. Tout devait en conséquence se rapporter à l'ensemble. Nul
qui se combinaient dans le personnage imaginaire d'Hermès; son identité avec Sirius , l'astre précurseur de l'inondation du Nil, et dont le symbole terrestre était la gazelle qui fuit dans le désert à l'approche de la crue du fleuve; son rang dans la démonologie, comme le père des esprits et le guide des morts ; sa qualité de dieu incarné, sujet à la mort lui-même, et nourriture céleste, pain vivifiant, breuvage mystérieux des initiés; son alliance cosmogonique avec le feu générateur, la lumière, source de toute science, et l'eau, principe de toute fécondité. On verra plus loin comment l'esprit grec mo-r difia l'Hermès égyptien pour en faire Mercure. (1) Vogel, llelig. der iEgypt. p. 88.