‹ De la religionChapitre 64 sur 248 · LIVRE III, CHAPITRE X. I2J · texte numérisé non relu

LIVRE III, CHAPITRE X. I2J

n'avait le droit de se distinguer pour son propre compte (i).

De là, ce phénomène souvent remarqué sans qu'on en ait recherché la cause. Les sciences en Egypte atteignent rapidement un certain degré de perfection : mais elles s'arrêtent soudain; et toute la classe éclairée, comme sou-

(i) Il est curieux d'observer, dans le sacerdoce luimême, les modifications que l'action progressive des siècles lui a fait subir , en dépit et à l'insu de lui-même. Nos temps modernes n'ont pas manqué de corporations aussi ambitieuses que celles d'Egypte, et qui auraient voulu , comme ces dernières , sacrifier à l'ensemble toutes les individualités. On remarque cette tendance au plus haut degré dans les Jésuites. Cependant, comme l'époque de la domination des castes a fait place à celle des influences individuelles, l'ordre des Jésuites lui-même n'a pu obtenir que ses membres, dans leurs écrits, leurs découvertes et leurs travaux, se résignassent à être anonymes.- Chaque jésuite a mis son nom à ses ouvrages, voulant bien que l'ordre profitât de son illustration , mais ne voulant pas renoncer, comme les prêtres d'Egypte, à son illustration personnelle. Avec cette disposition , c'est en vain qu'on cherche à refaire de l'antique, et qu'on exhorte les individus à s'effacer pour ramener le règne des castes. Ceux même qui prêchent cette doctrine, s'exceptent de la règle; et jusque dans les admirateurs de Xanonymité égyptienne, l'individualité perce et triomphe.

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mise au niveau sacerdotal , se range sur la même ligne, devant une barrière qu'elle ne franchit jamais (i).

(l) Nous entrerons, à la fin du livre V, dans des développements plus étendus pour prouver ce fait , que nous aurions cru incontestable si un auteur, contre lequel nous ne disputons qu'avec hésitation, lorsqu'il sagit de l'Égyptc, ne l'avait nié. Cette nation, dit-il en parlant des Egyptiens, cette nation à laquelle l'Europe doit directement tous les principes de ses connaissances , et par suite ceux de son état social, ne fut point retardée dans ses développements moraux, comme l'ont prétendu même de fort bons esprits ; mais ils tiraient cette conséquence de l'idée entièrement fausse qu'ils s'étaient formée de l'ancien système graphique de l'Egypte. ( Précis, p. 358. ) La suite des recherches de cet ingénieux et infatigable éruditle conduira, j'ose l'affirmer, à des assertions moins positives. Déjà quelques-unes de ses découvertes de détail ont arraché à sa bonne foi des aveux remarquables. En parlant de l'obscénité de plusieurs des monuments qu'il a étudiés, il convient que cette obscénité a ébranlé sa croyance sur la haute sagesse égyptienne. ( Lettre insérée dans le Moniteur du 6 novembre 1824 • ) Nous expliquerons ailleurs la cause particulière de cette obscénité. Elle tenait à la cause générale, à l'état stationnaire d'un peuple courbé sous l'empire des prêtres.

M. Champollion convient encore de l'imperfection de la langue égyptienne, même au plus haut point de la civilisation de cette contrée. La langue parlée des Egyptiens conserva toujours, dit-il, de nombreuses traces de

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