LIVRE IV, CHAPITRE II
migrations, le sacerdoce calcule et modifie ces impressions opposées. Le Midi est son domaine, le Nord sa conquête.
Les climats du Nord , lorsque le froid n'est pas porté à l'excès ( car l'excès du froid, comme de la chaleur, prive l'homme presque entièrement de ses facultés (i) ) ; les climats du Nord , disons-nous , lorsque le froid n'est pas porté à l'excès , donnent aux organes une tension extrême. Il en résulte une grande acti-
s'expliquepar les feux souterrains et les sources bouillantes qui se trouvent dans ces climats glacés. Le froid le plus rigoureux et la chaleur la plus accablante s'y combattent, et de là une succession d'impressions rapides, et dans la mythologie une direction qui s'écarte des règles habituelles. (StELLER, K.RASCHENINIK.OW , HeRDER, II, l53.)
Un phénomène à peu près pareil a pu influer sur les fictions indiennes. On a découvert récemment des sources d'eau chaude à la naissance du Gange. (As. Res. XIV.) Cela explique pourquoi Ganga, la déesse du Gange, était à la fois l'eau divine et le feu divin.
(i) Heroer, Phil. de l'Hist. II, 7 et i33. L'immobilité et l'apathie sont le premier des biens pour les peuplades engourdies par les frimas , comme pour celles que brûle un ciel trop ardent. Les Esquimaux au nord de l'Europe, et les peuples de Labrador en Amérique, sont au-dessous de la condition humaine.
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vite. Les besoins physiques sont difficilement satisfaits. Il s'ensuit un penchant habituel à la rapine et à la violence. De là , quand les peuples du Nord s'entre-choquent, des guerres acharnées. Cette vie toujours agitée leur laisse peu de temps pour s'occuper d'idées religieuses. Leurs expéditions aventureuses leur rendent nécessaires des dieux protecteurs sans cesse à leur portée. Les prêtres n'auraient donc sur eux que peu d'influence , si les colonies ne leur apportaient un sacerdoce déjà constitué.
Les climats du Midi , au contraire , lorsque leur action n'est pas combattue par d'autres circonstances, forment à la fois des corps paresseux et des imaginations actives, et la première de ces dispositions encourage l'autre. L'indolence physique laisse le champ libre aux inclinations rêveuses ; tandis que le corps est immobile , le sentiment religieux s'agite , l'esprit s'égare dans ses conjectures , s'exalte dans ses espérances, se perd dans ses terreurs ; et ceux qui viennent de la part du ciel ranger ces terreurs, ces espérances, ces conjectures dans un ordre apparent, sont écoutés avec respect et faveur.
Aussi les racines de l'autorité sacerdotale