‹ De la religionChapitre 76 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE II. IJl · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE II. IJl

montrent souvent bienveillants et secourables. Les préceptes généraux de leur morale sont purs et sublimes (i). Leur ame est ouverte à la pitié. Tous les êtres souffrants excitent leur sympathie.

Cette disposition s'étend sur leurs cérémonies les plus cruelles, et voile en quelque sorte l'atrocité des sacrifices humains. Il est défendu d'immoler celui qui ne s'offre pas volontairement. L'humanité des Indiens a besoin , jusque dans cette pratique barbare, du consentement de la victime , pour s'excuser à ses

(1) Le pardon des injures n'est inculqué nulle part avec plus de force et d'onction que dans les poèmes des Indiens et des Persans. « Le devoir de l'homme vertueux, » dit un de leurs poètes qui écrivait trois cents ans avant notre ère », consiste non-seulement à par- « donner, mais à faire du bien dans le moment de sa « destruction, à celui qui le détruit, comme l'arbre de « sandal, à l'instant de sa chute, répand son parfum sur « la hache qui le frappe. » La même idée se retrouve dans Sadi , et les célèbres distiques d'Hafiz la développent et la varient avec une profusion d'images : « Il imite le « coquillage, qui donne ses perles à celui qui lui déchire « le sein, le rocher qui décore de diamants la main qui « perce son flanc, l'arbre qui répand ses fruits ou ses « fleurs en échange d«s pierres qu'on lui lancé. » ( As. Res. IV, 167.)

propres yeux , et ce désir se manifeste encore dans chacune des paroles que le sacrificateur prononce (i).

(i) Il commence par s'adresser à celui-là même qu'il va mettre à mort. «Tous les êtres existants, » lui dit-il, « ont « été créés pour le sacrifice, et je ne commets aucun crime « ente privant de la vie. » Mais peu satisfait du raisonnement qui le j ustifie, il se répand ensuite en éloges , en adorations et en promesses. « O le meilleur des hommes, » s'écrie- t-il, « toi, la réunion de toutes les divinités favorables, daigne « m'accorder ta protection , conserve mes enfants, mes pa- «rents et moi-même qui te suis tout dévoué; et comme « ta mort est inévitable, renonce à la vie, en faisant un acte « de bienveillance. Accorde-moi le bonheur qu'on obtient « par la dévotion la plus austère , par les actes de charité, « par l'observance des cérémonies, et en même temps, «ôle plus excellent des mortels, atteins aussi la félicité « céleste ! »

« A ces mots, » continue le chapitre de sang, «les dieux » se rassemblent dans la victime : elle devient pure de tous » ses péchés. Son sang se change en ambroisie, et le repos » de l'âme, l'oubli dès agitations terrestres, le bien su- » préme sont pour l'éternité son partage ».

Enfin, même quand le bras du sacrificateur a porté le coup fatal, son œil doit éviter de contempler son ouvrage. Il faut qu'il détourne la vue, en présentant aux dieux la tête de celui qu'il a frappé. (Asiat. Res. "V% 371-391.)

Comparez ces rites avec ceux des peuples du Nord et

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