LIVRE IV, CHAPITRE Y. l
du limon de toute une contrée subinergée et sur laquelle un soleil brûlant dardait ses rayons; les événements nombreux et variés, résultats nécessaires du mouvement général de tout un peuple, fuyant lors de la crue du fleuve, et redescendant des montagnes à mesure que les plaines étaient abandonnées par les eaux, tant de causes ne pouvaient manquer de disposer les âmes à la superstition et de les asservir à ses ministres.
De même, en Étrurie, les tremblemenjsde terre, les apparitions effrayantes, les miasmes nuisibles (i), favorisèrent le triomphe du
(i) Telles sont les causes principales que Cicéron assigne à la grande influence des devins toscans. « Propter aeris crassitudinem apud eos, multa fiebant, et quod, ob eamdem causant , multa inusitata, partim ex cœlo, partim ex terra, oriebantur, quaedam etiam ex hominum pecudumve conceptu et saltu , perterritorum exercitatissimi interprètes extiterant. (De Divinat.) Valèrc Maxime (liv. I) appelle l'Étrurie mater omnis superstitionis. Le mot de cérémonies est dérivé du nom de la ville de Caerès, en Etrurie, tant les Etrusques étaient adonnés aux cérémonies de la religion. Fest. v° Cœrirnoniarum. L'Orient, dit un ancien, lisait la destinée dans les astres; l'Étrurie, dans les éclairs et les phénomènes fortuits qui frappaient les regards.
sacerdoce , transplanté dans cette contrée pat* des colonies de Pelages qui étaient sorties de Grèce avant les temps héroïques (1).
Les tremblements de terre paraissent avoir été beaucoup plus fréquents dans cette partie de l'Italie anciennement que de nos jours. Les historiens en parlent comme revenant presque toutes les années. C'était peut-être parce que les volcans avaient des éruptions moins régulières. Orose dit (VIII, 10) que le Vésuve n'a lancé des feux au dehors que l'an 8*9 de Rome, lors de l'éruption qui causa la mort de Pline l'Ancien. Le culte des éléments , ou des forces occultes de la nature, put devoir à ces causes une grande extension.
Près du temple de Vénus Aphakitis , à Aphaca , entre Héliopolis et Byblos , était un lac du sein duquel s'élevait subitement une flamme de forme ronde. Ce phénomène, rapporté par Sénèque (Quaest. Nat. 3, 26 j, et par Zozime (I, 58), entretenait merveilleusement le peuple, au dire des historiens , dans sa soumission aux. prêtres.
(1) Le pays de Congo est sujet à des tremblements de terre, à des inondations , à des sécheresses , à des épidémies. C'est dans ces temps malheureux que la puissance des gangas s'accroît et se déploie. ( Parallèle des Religions, I, 719.)
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