‹ De la religionChapitre 84 sur 248 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Influence du caractère et dès occupations habituelles des peuples.

JL'autorité sacerdotale ne se ressent pas moins du caractère pacifique ou belliqueux des peuples. L'Egypte vécut long-temps pacifique. La disposition de ses habitants ne fut jamais guerrière (i). Il n'y eut donc pas , dans ce pays , comme en Grèce, des chefs de peuplades armées qui limitèrent ou anéantirent la domination théocratique. Il n'y eut pas non plus, comme à Rome , des institutions politiques comprimant le sacerdoce en se l'incorporant.

(l) « Ni les Égyptiens, » dit Strabon (Lm XVII), « ni les peuples qui les ayoisinent , n'ont des inclinations bel*liqueuses. »

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Les tentatives des soldats ou des princes pour devenir indépendants furent infructueuses, ou du moins le succès fut éphémère , et l'Egypte fut toujours livrée aux prêtres, d'abord ses rois , et tuteurs de ses rois , après être descendus du trône. Ces prêtres reconnaissaient tellement les avantages qu'avait pour eux une paix éternelle, que les conquêtes de Sésostris et les expéditions de ses successeurs ne leur furent jamais qu'un objet de scandale. Les rois de l'Egypte étaient condamnés à l'inaction. Leurs noms ne servent qu'à désigner une succession d'années que ne marque aucune entreprise mémorable; et trois cent trente d'entre eux se succèdent, comme des ombres grisâtres que rien ne caractérise ou ne distingue , et qui se suivent silencieusement dans la route uniforme que leur a tracée la volonté qui les fait mouvoir.

Il est probable , d'un autre côté , que , sans leur passion pour la guerre , les Scandinaves n'auraient pas lutté si. long-temps contre les usurpations des drottes , et qu'il n'aurait pas fallu , pour surmonter leur résistance , trois

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