‹ De la religionChapitre 85 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE VI

révolutions et deux invasions étrangères (i). Vraisemblablement, si nous connaissions en détail l'histoire de la Germanie et de la Gaule, nous verrions l'ascendant si redoutable des druides ébranlé quelquefois par les prétentions des chefs militaires.

En général, plus l'homme est occupé des intérêts de la terre, moins il se laisse dominer par d'autres hommes qui parlent au nom du ciel. Tout ce qui le rappelle aux agitations de la vie met des bornes à Un pouvoir dont la base est ailleurs que dans ce monde, et dont les promesses ne doivent s'accomplir qu'audelà du tombeau.

Si, malgré les faits épars qui constatent la puissance terrible du sacerdoce carthaginois, il est rarement parlé des prêtres dans ce qui nous a été transmis sur Carthage, cela s'explique par l'esprit d'entreprise et d'activité mercantile qui, chez ces rivaux des Romains, eut indubitablement des effets analogues à ceux de l'esprit belliqueux chez les sectateurs d'Odin.

(1) Nous développerons cette vérité historique quand nous exposerons la marche de la religion Scandinave.

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Mais telle est l'action compliquée des causes* diverses qui se combinent et se modifient, que le commerce qui limitait à Carthage le pouvoir des prêtres le favorisait en Ethiopie.

Les collèges d'Ammonium et de Méroé habitaient les fertiles oasis parsemées dans ces sablonneux déserts. Ces oasis étaient le lieu de repos des caravanes qui traversaient la contrée. Là seulement elles trouvaient de l'eau, des végétaux et de l'ombre. Mais elles y cherchaient encore et la direction» qu'elles avaient à suivre, et la distance ou la position des lieux qu'elles devaient parcourir. Les prêtres leur donnaient ces renseignements au fond des< temples , dont les oracles (i) , en indiquant aux voyageurs leur route , leur révélaient en même temps la destinée qui planait sur eux.

(i) Tel était celui de Jupiter Aramon, situé dans unes «asis au sein d'une mer de sable.

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