LIVRE IV, CHAPITRE IX
appelle le règne des dieux (i). La caste des guerriers, la seconde de l'état, paraît s'être soulevée contre la première (2) : mais celleci remporta la victoire. L'établissement postérieur de la royauté ne termina point la lutte (3). Les monarques réfractaires succom-
dans toute sa rigueur. (Schlegel, Weisheit der Indier, p. i84-i85. Lois de Menou, X, 43-45.) Leslivres indiens parlent encore d'un bramine de Magadha , qui fit périr Nandha, le roi du pays, et plaça sur le trône une dynastie nouvelle. (As. Res.II, i3q. )
(l) Ce règne des dieux en Egypte aurait duré dix-huit raille ans, suivant les annales sacerdotales de cette contrée, et il aurait fini dans la personne d'Horus, fils d'Osiris. (Diod. I, 2 , 3. ) « Autrefois» dit Hérodote «les dieux «avaient régné en Egypte; ils avaient habité avec les hommes, et il y en avait toujours un qui exerçait la « souveraineté. « Il est probable que chez beaucoup de peuples il y avait eu de même une théocratie antérieure au gouvernement temporel. Le règne des planètes, représenté chez les Chaldéens comme ayant précédé celui des hommes, est l'époque de cette théocratie nommée en Egypte le règne des dieux.
(2) Hérodote (II, 141 ) mentionne une incription destinée à conserver le souvenir de cet événement.
(3) « L'impiété des rois d'Egypte envers les dieux du « pays,» dit Diodore (I, 2, 3), qui écrivait d'après les renseignements sacerdotaux , « a donné lieu à de fréquentes « révoltes. »
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bèrent durant leur vie, ou après leur mort (i)j et dans le partage de l'Egypte entre douze rois, celui qui se sépara de ses collègues pour se remettre à la merci des prêtres (2), obtint bientôt la souveraineté de tout l'empire , qu'il s'é-
(1) Le premier roi de l'Egypte fut Menés. Ses lois sur la religion limitèrent l'empire du sacerdoce. (Dion. I. ) Aussi lui attirèrent-elles le courroux de cet ordre, qui, ayant regagné son influence sur ses successeurs, autorisa ou obligea Technatis à faire graver sur une colonne des malédictions contre Menés. ( Plut, de Is. et Osir. ) Deux autres rois , que les annales écrites par les prêtres traitent de tyrans et de rebelles , Chéops et Chéphren , firent fermer les temples pendant trente années. (Dion. I.) M. Denon remarque qu e ce fut durant cette compression anti-sacerdotale que fut construit le seul palais qui ait appartenu aux rois d'Egypte. (Voy. en Eg. II, 1 15. ) Mais le prêtre Séthos s'empara de nouveau du trône , et enleva à la caste militaire les possessions qui lui étaient assignées; aussi refusa- t-elle de le servir contre Sennachérib, roi d'Assyrie. ( HéroB. II, ^4 1. ) L'anecdote de l'Éthiopien Sabacon, devenu roi d'Egypte, qui, ayant reçu en songe l'ordre de faire scier tous les prêtres d'Egypte pair le milieu du corps, et reculant devant un tel crime, abdiqua le pouvoir, ne serait-elle pas une tradition défigurée de quelque conspiration des prêtres Egyptiens contre un étranger devenu leur maître?
(a) Hérob. II, i/,7-i52.