‹ De la religionChapitre 93 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE t X. l8l · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE t X. l8l

tait résigné à ne régir que d'après leurs ordres (i).

Nous ne mentionnerons ici qu'en passant l'Ethiopie , qui fut le théâtre de révolutions beaucoup p|iis. sanglantes. On a vu que les prêtres de Méroé condamnaient à mort leurs rois; et en revanche, l'un de ces derniers, Ergaménès , contemporain du second Ptolemée , fit massacrer tous ces prêtres dans leur temple même.

L'histoire de l'Étrurie ancienne est restée fort obscure. Mais l'ordre donné aux Étrusques par leur roi Mézence de lui présenter les prémices qu'ils avaient coutume de consacrer aux dieux pourrait bien n'avoir été qu'un . effort de la royauté contre le sacerdoce (2}. .

Nous avons annoncé déjà que nous traiterions dans un livre suivant de la .religion des

(l) 11 est remarquable que ce Psammétichus , qui avait dû sa victoire sur la Dodécarchie à sa soumission au sacerdoce, chercha pourtant à préparer la ruine du pouvoir sacerdotal , tant en s'appuyant sur de» troupes étrangères qu'en ouvrant les portes de l'Egypte aux commerçants grecs.

(a) Macrob. Satura. III, 5.

l8l DE LA RELIGION,

Scandinaves , et des révolutions qui se terminèrent par le triomphe du chef d'une colonie des prêtres (i).

La même lutte s'offre à nous en Perse; mais elle se complique de circonstances particulières, et nous sommes forcés, au risque d'encourir le blâme d'une digression qui sera courte, d'exposer ces circonstances afin d'être compris.

Trois puissants empires, les Babyloniens, les Lydiens et les Mèdes, se partageaient l'Asie. Les Perses nomades et dans un état d'extrême

(i) Un auteur érudit, mais systématique ( Wedel Jarlsberg, Abhandlung ueber die aeltere Scandinavische Geschichte, p. 173, 269-272), nous paraît s'être trompé sur la marche de la religion Scandinave. Dans son hypothèse, l'un des Odins , à force de ruses et de violences, aurait établi la monarchie sur les débris d'un gouvernement théocratique. Mais ses récits sont trop circonstanciés pour être véritables. Quand il s'agit N d'époques aussi obscures, vouloir lier l'un à l'autre chaque fait isolé qu'elles nous présentent, et prétendre remplir toutes les lacunes, est un moyen sûr d'ajouter beaucoup d'erreurs à quelques vérités; et plus un récit est cohérent, plus ses parties différentes sont en harmonie, plus leur combinaison, quelque ingénieuse qu'elle soit, doit être suspecte.

Page 1