‹ De la religionChapitre 94 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IX

grossièreté, obéissaient aux Mèdes, autant que des hordes errantes, encore dans la vigueur de la barbarie, peuvent obéir à des maîtres amollis par une longue civilisation. Au sein même de la Perse , des clans montagnards , quelquefois vaincus, jamais soumis, habitaient d'inaccessibles retraites (i). Gyrus qui se nommait Agrada (2), se fit proclamer chef de ces tribus divisées. Ses tentatives et leur réussite, telles qu'elles nous sont racontées par Hérodote , attestent combien ces tribus étaient encore voisines de l'état sauvage (3).

(1) Hérodote, I, ia5.

(2) Strabon.

(3) « Cyrus, » dit Hérodote, «ayant délibéré en lui- « même sur l'expédient le plus habile pour porter les « Perses à l'insurrection, jugea que le plus efficace serait « le suivant , qu'il mit en conséquence en usage. Ayant « écrit une lettre dans laquelle il supposa ce qui lui con «venait, il convoqua une assemblée des Perses, et ou- « vrant la lettre et la leur lisant, il leur dit qu'Astyage « (le roi des Mèdes) l'avait nommé leur chef. Je vous « ordonne donc, ô Perses, de vous rendre ici, chacun « avec sa faux. C'est là ce que Cyrus dit à l'assemblée... « Les Perses ayant obéi , Cyrus leur commanda d'arra- « cher les ronces d'un lieu de la contrée, de l'étendue

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Les ayant réunies, Cyrus les conduisit contre leurs dominateurs efféminés, qu'affaiblissaient les raffinements du luxe, l'étendue de leurs possessions , le despotisme fatal aux maîtres comme aux esclaves, l'anarchie compagne

* d'environ dix-huit à vingt stades , et qui était couvert «.d'épines. Ce travail achevé-, iMeur prescrivit de se « rendre le lendemain dans le même endroit en habits de « fête. Pendant l'intervalle, il fil tuer des chèvres, des » brebis et des bœufs, tirés des troupeaux de spn père, « et les fit préparer, ainsi que du vin et des aliments « farineux, les meilleurs qu'il put', pour recevoir l'armée «des Perses. Ceux-ci s'étant réunis le lendemain, il lés « invita à se coucher sur le- gazon, et à prendre part'au « repas. Lorsqu'ils se furent relevés du festin, Cyrus leur « demanda ce qu'ils préféraient, du traitement de la « veille ou de celui. du jour. Ils s'écrièrent qu'il y avait j une grande différence; que la- veille, ils avaient sup- « porté toutes sortes de maux, tandis qu'aujourd'hui ils « jouissaient de toutes sortes de biens. Saisissant ces pa-

# rôles, Cyrus leur découvrit son; projet. Hommes de « Perse , leur dit-il , voilà ce qui en est de vous. Si vous « voulez me suivre, vous aurez ces biens et beaucoup «d'autres, et vous serez exempts de tout labeur servile. « Si vous ne me suivez pas, vous aurez à souffrir des « travaux . innombrables , pareils à c.eux de bjer. Ainsi , «obéissant à mes exhortations, soyez libres: car je me «crois destiné par les décrets célestes à nielfre entre- « vos mains tous les biens de la vie, et je ne vous crois.

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