‹ De la religionChapitre 96 sur 248 · LIVRÉ IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRÉ IV, CHAPITRE IX

des (1), ne devint jamais le livre national.

(1) En faisant remonter, sinon le Zend-avesta, qui put être rédigé par un contemporain de Cyrus, auquel on donna le nom fabuleux ou générique de Zoroastre , au moins la doctrine des livres Zend, à une époque antérieure encore à la conquête de la Médie , nous nous trouvons en contradiction avec beaucoup d'écrivains du dernier siècle , qui ont nié l'authenticité des monuments rapportés en Europe par Anquetil-Duperron. (V. Meiners, de Vet. Pers. rel. Com. Soc. Gcett. ) Mais aucune de leurs objections n'a pu nous convaincre. Si nul écrivain grec avant Alexandre ne parle des ouvrages de Zoroastre, ce silence n'est pas plus extraordinaire que celui de toute l'antiquité relativement aux livres juifs. Il ne prouve point que ceux du législateur perse ne soient pas authentiques. On peut seulement en inférer que, gardés soigneusement par les mages , ils n'étaient point communiqués aux profanes. La conquête ayant renversé les barrières dont s'entourait cette caste , nous trouvons dans les auteurs anciens, à dater de cette époque, de fréquentes allusions à ces écrits. De ce qu'on remarque dans quelques parties du Zend-avesta des conformités avec TAlcoran, on en a conclu que les fabricateurs des livres Zend avaient emprunté ces .passages au prophète desmahométans. Il eût été plus simple dereconnaitre des emprunts faits par Mahomet aux opinions orientales. Sans doute, le contenu de ces livres répond mal à la haute sagesse que les philosophes de la Grèce vantent dans leur auteur. Ils sont surchargés de formules, d'invocations, de rites superstitieux. Mais la sagesse de Zoroastre était un pré-

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La masse des Perses conserva ses anciens dieux,,

jugé des Grecs , amoureux de toutes les institutions lointaines que la distance et le mystère rendaient imposantes. Ces livres s'accordent d'ailleurs avee tous les renseignements épars chez les historiens sur la doctrine, les pratiques, les hymnes et les prières des mages. Plus on les examine avec attention , en les comparant aux livres de toutes les nations soumises aux prêtres, plus leur authenticité devient évidente. Tout au plus, est-il raisonnable de soupçonner quelques interpolations ou quelques additions. Le Boun-Dehesch peut être plus récent que les autres. Mais le reste est certainement de la plus haute antiquité. Nous serions tentés de croire que leur rédaction , telle qu'elle nous est parvenue , fut l'œuvre d'un réformateur écrivant par ordre et sous la surveillance du dominateur Persan de l'empire mède, en consultant et en refondant des matériaux encore antérieurs. Car les Perses parlent d'écrits plus anciens, les Sophs , par exemple, ou livres sacerdotaux, attribués à Abraham, et le Gyavidan- Chrad,ou traité de la sagesse éternelle, par Hushang, ancien roi mède. Supposer, comme on l'a fait, que c'est la religion perse que Zoroastre a réformée sous le premier Darius, c'est affronter une difficulté insoluble. Comment chez un peuple plongé, du temps de Cyrus, dans l'ignorance la plus épaisse, et qui n'avait vu s'écouler que trentehuit à trente-neuf ans depuis ce conquérant jusqu'à Darius fils d'Hystaspe, un réformateur aurait-il trouvé les éléments de la doctrine la plus raffinée , la plus abstraite, la plus hors de toute proportion avec ses concitoyens et avec son siècle? Les réformateurs ne sont jamais

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