LIVRE IV, CHAPITRE IX. I
ses dieux paternels (i)y comme les historiens les appellent. Quelquefois même, elle modifia ses propres pratiques , que les mages voulaient la contraindre à conserver (a). Il est
que les organes de l'opinion prête à dominer. Zoroastre nous apprend lui-même qu'il était Mède et qu'il vivait sous un roi nommé Gustasp. On a fait de ce roi le premier Darius , sans réfléchir que Gustasp , loin d'être un nom propre, était un titre commun à tous les monarques de l'Orient. Mais le prince dont Zoroastre fait mention ne demeurait pas en Perse. Il résidait dans la Bactri«ne, les provinces sur lesquelles s'étendait son empire sont indiquées dans le Zend-avesta. ( V. Kleuker , Zend-avesta, H, 299. ) Ni la Perse proprement dite, ni aucune des cités que les rois de Perse habitaient, ne font partie de cette énumération. Comment Zoroastre auraitil passé sous silence, dans une description longue et dt'taillée de l'empire, précisément la province où la capitale était située, et qui donnait son nom à cet empire entier ? Cette supposition , trop absurde pour être admise , n'est justifié par aucun auteur digne de confiance. Ni Hérodote, ni Xénophon, ni même Ctésias, ne nous parlent d'un Zoroastre contemporain de Darius; et Platon, le premier qui nomme Zoroastre , le place à une époque incertaine, mais beaucoup plus reculée.
(1) V. les passages cités dans Brisson, de Regio Persarum principatu, p, 347-
(1) Par exemple, relativement aux funérailles. Les ma-
probable que l'intention des mages eux-mêmes n'était point que la religion de Zoroastre fût populaire. Cette religion, chez les Mèdes, comme celle des Indiens, des Egyptiens et des autres nations orientales ou méridionales , était une propriété des prêtres. Son adoption en Perse consista plutôt dans l'admission et dans la présence des mages à la cour, que dans la dissémination de leurs dogmes. Le culte de Médie devint ainsi celui du palais persan (1). Cyrus l'accueillit comme une portion
ges exposaient les morts aux animaux sauvages. Ils considéraient comme un crime de les enterrer ou même de recueillir leurs ossemens. La noblesse, sur laquelle cette corporation de prêtres courtisans exerçait une influence directe, était obligée de respecter cette loi du sacerdoce. Un seigneur persan courut risque de la vie pour s'être écarté de l'usage reçu. ( Agathias , II. Procop. I. 11.) Mais le peuple , moins dépendant , à cause de son obscurité, et même l'armée que dans tous les pays les despotes sont forcés de ménager, ne s'astreignaient point à ces pratiques. Ammien Marcellin ( liv. XIX ) parle d'un général qui fit brûler le corps de son fils, tué dans une bataille , et qui rapporta ses cendres en Perse.
(l) Xénophon nous donne une idée assez juste de cette conversion de la cour de Perse. Les Perses, pour la plupart, nous dit-il, imitèrent le culte du roi, parce qu'ils