‹ De la religionChapitre 98 sur 248 · LIVRE IV, CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

LIVRE IV, CHAPITRE IX

du cérémonial qui flattait son orgueil, plutôt que par une conviction dont l'agitation d'une vie belliqueuse et les soins d'un despotisme naissant le rendaient peu susceptible. Il voulut d'ailleurs que sa puissance en profitât. Le code religieux et politique d'un empire blanchi dans la servitude contenait un modèle assez exact ( 1 ) du gouvernement qu'il établissait ou

espéraient plus de bonheur en servant les dieux de la même manière. ( Cyroped. VIII ). Or, ce que Xénophon raconte des Perses en général, s'applique presque toujours exclusivement à la noblesse. ( Heeren , Idées. 1. 5aa. )

(1) Le monde invisible et la démonologie de Zoroastre sont visiblement calculés pour donner une sanction religieuse aux nouvelles institutions de Cyrus. La Cour d'Ormuzd est pareille en tout à celle du roi : et le nombre des Amschaspands est égal, suivant les uns, au nombre des castes; suivant les autres, à celui des fonctionnaires qui entouraient le trône. Ce Zoroastre , dans lequel on a cru trouver un inspiré, un prophète enthousiaste, un sage enfoncé dans la retraite , et absorbé dans la méditation, un législateur parlant au nom d'Ormuzd et en toute liberté, pourrait bien n'avoir été qu'un prophète de cour, un inspiré par ordre , écrivant sous la dictée d'un maître , pour lui complaire. Mais en même temps c'était un mage , imbu de l'esprit et dévoué aux intérêts de son ordre : de là beaucoup de réminiscences dans ses rites, et

iga DE LA RELIGION,

ressuscitait, et offrait un moyen de reconcilier avec ce gouvernement nouveau pour elles, les hordes indociles, jadis instruments de l'ambition du guerrier , maintenant objets de la défiance du despote. Cyrus entoura la royauté des honneurs divins (i). Il fit tourner à son avantage les idées de pureté et d'impureté qui, dans d'autres contrées, n'étaient utiles qu'au sacerdoce (2).

beaucoup de contradictions dans ses préceptes. Tantôt il commande le travail, l'activité, tout ce que Je despotisme aime à conserver pour sa convenance, sans que cela tire à conséquence en faveur des peuples : alors c'est la volonté de €yrus qui domine. Tantôt il se jette dans un panthéisme où son dualisme s'engloutit , vantant l'union mystique de l'homme avec la divinité, l'abnégation de l'existence, la vie purement contemplative : c'est alors le mage qui reparait.

(l) Athénée ( VIL |3 ) nous transmet une narration de Théopompe, d'après laquelle les courtisans du roi de Perse élevaient dans leurs repas un autel au génie du roi ; adoration qui, au g^rand scandale des Grecs, fut imitée par un Argien nommé Nicostrate. Il est fait mention de ce genre de ce culte, dans le discours écrit d'Isocrate à Philippe.

(a) Les figures qui, sur les ruines de Persépolis, ne sont pas revêtues du caftan, ont soin lorsquelles parlent

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