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LIVRE IV, CHAPITRE IX. Io

Soit qu'il désespérât d'anéantir les mages, corporation sacerdotale en Médie, soit qu'il se flattât de trouver en eux un appui , il leur conserva les dignités et plusieurs des prérogatives dont ils avaient joui dans leur ancienne patrie (i). Ils continuèrent à être les ministres du culte , les conseillers des rois , les juges du peuple. Mais l'autorité vend ses bienfaits : Cyrus tint les mages dans sa dépendance. Les corporations ont un genre de souplesse qui naît de la certitude de survivre aux obstacles , et par là d'en triompher. L'esprit sacerdotal se conserva , caché , mais intact. La démence et la mort de Cambyse rouvrirent une carrière à ses espérances.

A dater de cette époque , les mages tenté-

à celles qui en sont décorées , de se couvrir la bouche , de peur de les souiller de leur souffle. ( Heeren, I, 3o3-3o5.) Or le caftan était un vêtement des Mèdes, une parure de cour. Le monarque accordait à ses favoris le privilège de le porter, et ce privilège conférait celui d'une pureté supérieure.

(i) Xénophon ( Cyrop. VIII. ) dit positivement que les mages furent introduits pour la première fois par Cyrus dans l'empire qu'il avait fondé.

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rent sans cesse de reconquérir leur puissance première. Ils invoquèrent dans leurs tentatives, non-seulement le respect des Mèdes pour leurs prêtres indigènes , mais leur haine de leurs vainqueurs étrangers. L'usurpation du faux Smerdis fut à la fois une révolte des mages contre les rois, et des Mèdes contre les Perses. Les rois se défendirent et opposèrent aux prêtres des moyens toujours tyranniques , quelquefois terribles. L'anecdote bizarre et certainement défigurée des satrapes engageant Darius à défendre qu'on priât les dieux pendant trente jours (i), semble un indice obscur de quelque violence du despotisme politique contre la puissance du clergé. On connaît la fête annuelle célébrée dans tout l'empire en mémoire d'un massacre dont l'ordre sacerdotal avait été victime. Déjà sous Cambyse un mage avait subi un supplice épouvantable (2). Sous Darius, un autre avait été suspendu à une croix, et Smerdis, avant

(1) Daniel, VI, 7.

'(-a) Hfrod. III. 179. VII. 194.

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