‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 13 sur 67 · LIVRE XIII, CHAPITRE ly. 3k · texte numérisé non relu

LIVRE XIII, CHAPITRE ly. 3k

passaient d'une planète à l'autre en remontant aux cieux (i). *

La démonologie s'y retrouvait également (2), La suite de Bacchus , qui , dans la religion populaire, était efifrénée, licencieuse et bruyante, Silène , Pan , les satyres, Nysa , les nymphes nourrices du dieu , comme les bergères qui ont nourri Crischna, devenaient des génies intermédiaires ; rinitiation même était personnifiée sous le nom de Télété ; fille de Bacchus et de Nicée , elle était la danseuse nocturne, se réjouissant dans les fêtes, et se plaisant au son des timbales (3). L'hymne orphique chantée dans les Dionysies et dont nous trouvons des fragments dans Clément d'Alexandrie (4) , contient toutes les traditions orientales sur les génies planant au plus haut des cieux et descendant aux entrailles de la terre , pour gou-

{i) La même combinaison se retrouve dans les mystères consa« Grés à Hercule chez les Athéniens. Hercule était à-Ia-fois le dieu du soleil , et celui qui présidait à Fépuration des âmes par le feu et la lumière. (Ltd. de Mens., p. 93.)

(a) Nous reviendrons sur la démonologie des mystères, quand nous traiterons de celle des nouveaux platoniciens , parce que ces philosophes s'en emparèrent, et voulurent en faire une partie essentielle et Tappni principal du polythéisme qu'ils refondaient.

(3) NoKKCs, Dionys., VIII, XI, XIII. C'est pour cela que Pausanias parle d'une statue d'Orphée sur THélicon , à côté de laquelle t)n voyait celle de Télété : mais il n*ajoute aucun détail, et paraît n'avoir pas remarqué la personnification très-naturelle, qui plaçait l'initiation à côté du' fondateur supposé des mystères. (Pavs. Bœot., 80.)

(4) Stromat., y, 724.

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vernerles astres, les éléments, les métauni, les plantes , protégeant les âmes pures , leur annonçant l'avenir (i), et punissant les âmes corrompues (2),

La métempsycose, opinion étrangère, comme nous Tavons prouvé, à la religion populaire delà Grèce , mais inhérente à celle de l'Egypte et de l'Inde , était l'une des doctrines les plus développées , et qu'on révélait avec le plus de solennité dans les mystères. On la désignait énigmatiquement dans les Mithriaques par l'échelle à huit portes, dont nous avons parlé ci-dessus.^ le plus secret et le dernier des symboles qu'on laissât voir au» initiés (3), Ellç était combinée dans les Dionysiaques, comme en Egypte, avec la notion du retour des âmes vers la Divinité.

Parmi les solennités sacerdotales, la commémoration des bouleversements de la nature occupe une place importante. Dans les mystères, ces <;onvulsions formidables sont retracées sous l'emblème de Vulcain, précipité deux fois du ciel dans la mer , se livrant durant neuf années à des travaux souterrains , et réconcilié avec l'Olympe par Eacchus qui l'enivre , et qui , monté sur l'âne mystique, sauve de la destruction le feu central

(1) Plut. deUid.

(2) PBocLus/in Plat.

(3) Cels. ap. Orig., VI. PoIiphyb. de absl., IV, i6.

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