‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 22 sur 67 · LIVRE XIII,. CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

LIVRE XIII,. CHAPITRE VI

agricoles (i)^ métaphysiques (2), et faisaient de plus allusion au dualisme (3). A l'époque où il est indubitable qu'on entret^iait les initiés des plus subtiles spéculations, les moyens les plus grossiers d'agir sur l'imagination du vulgaire se pratiquaient encore : les représentations dramatiques n'avaient, point cessé. Dion Ghrysostôme nous parie , à la fin du premier siècle de notre ère, des voix qu'en-^ tendaient les initiés , des ténèbres et de la lumière qui se succédaient à leurs regards , des danses dont ils étaient les témoins; en un mot, il peint les mystères comme un spectacle (4).

Ce n'est pas ici le lieu de traiter des autresc genres d'influence qu'ils exercèrent sur l'esprit philosophique des Grecs. Nous montrerons ailleurs comment cet esprit, bien que naturellement porté à une dialectique exacte et rigoureuse, s'empreignit des conceptions gigantesques, et se jeta dans les subtilités indéfinissables qui caractérisent rOrient, et comment la philosophie grecque perdit en logique et en clarté, ce qu'elle parut gagner quelquefois en élévation et en profondeur (5).

(i) Ammibit Marcbll. XIX, i. Schol. Theocrit. ad Idyll., III, ^S, (a) Évang. de saint Jean , XII.

(3) Dio. Chrtsost. Or. la. Themxst. Or. a. V. dans Pàusàhiàs (Âchaic. aa) les différentes explications des flambeaux des mystères.

(4) Orat. , la.

(5) K Les mystères introduisirent chez les Grecs, et y conser- » yèrent toutes les idées orientales, qui élevèrent parfois au-dessus

Il résulte^ à notre ayis, de tout ce que nous Tenons d'exposer, que l'existence des mystères grecs , loin d^nvalider nos assertions sur la différence dQS religions sacerdotales et de celles qui demeurèrent indépendantes des prêtres , appuis , au contraire , ces assertions et les corrobore. C'est précisément parce que le sacerdoce grec n'arait pas, comme ailleurs, le moa,opole de la religion publique, qu'il se créa , dans 1^ mystères, un empire secret. Mais aussi long-temps que la religion publique conserva quelque force, die repoussa les opinions et les rites que le sacerdoce avait accueillis et comme naturalisés dans ses institutions mystérieuses»

» du raiMumement la philosophie de ce peuple adonné naturellement » à la dialectique, v (Wagner, Ideen, etc., p. ^6.) Et moi aasai j'aime que le sentiment religieux s'élève au-dessus de ta dialectic^ue ; mais je ?enx qu'il soit libre, et non qu'une aatoritë extérieure le faue <14yier de sa route et le dénature.

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