‹ De la religion: considérée dans sa source, ses formes et ses développementsChapitre 23 sur 67 · CHAPITRE VIL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIL

l}es Initiatùms graduelli^ , comme imitation ds Im hiérarohie McerdoûcUê.

Lb sacerdoce grec, maître deh mystères^ ne se contenta pas d'y introduire les opinions, les do^^mes^ les rites et les usages sacerdotaux, il s'efforça d'y établir une hiérarchie sacerdotale. Il y eut différents ordres d'initiés^ comme il y avait en Egypte différents ordres de prêtres.

Le» Ëleusimes étaient divisées ^n grands et petits mystères (i). Dans ces derniers , la presque

(i) Un Scholiaste d'Aristophane (ad Plut., act. IV, scèn. a, a3) , dit que les petits mystères n'étaient qu'une préparation «qx grands. Il f avait de même trois espèces d« Dionjrsitiques. ( &dh»ksv , ad Hesych. V» ^^<w^ç, et Wtttekbàch, Bibl. Crit., VII, 5i; XII, Sq.) L'on distinguait de plus les mystères annuels des mystères trienaaires ou triëtérîdes. Sâiutb^Croix, 4^8; ApvLiE (Met., XI)^ ^ Taron de Smyrne (Voss. de Orig. et Progr. Idolol. , p. 828-809} disent qu'il y avait Cinq grades. Le premier consistait dans une purification préparatoire, le second dans la communication des préceptes sacres , le troi6ième dans la contemplation dp spect^de, le quatrième dans la participation comme acteur aux cérémonies, l'initié prenait en main le flambeau sacré ; le cinquième degré conférait à l'initiél'inspiration et la félicité complète. Les initiations graduelles et les doctrines philosophiques ne se communiquaient pas à la foule des initiés. On appelait les initiés aux petits n^ystères iiivxut^ et les initiés aux grands mystères , \«w:on. Les premiers restaient ,<]ans le vestibule du temple , les seconds pénétraient dans )e .safiptuaire«

•JO DE LÀ REUGIOIf ,

totalité des Grecs était initiée. Ils consistaient en pantomimes représentatives de plusieurs fables relig^ieuses. Les initiations aux grands mystères étaient moins prodiguées , et la doctrine probablement plus abstraite. Les prêtres y combinaient des explications allégoriques ou métaphysiques avec la nécessité de cacher au peuple ces explications (i). Elles ne se communiquaient pas en une seule fois (2). Les initiés étaient plus ou moins instruits^ suivant les grades qu'ils avaient atteints : aucun n'était sûr de Fétre complètement. En fait de confidence , il est toujours utile de pouvoir dire qu'on n'a pas tout dit. On frappe l'imagination par l'inconnu; l'on captive la curiosité par l'espérance de connaître. Quand une doctrine a des côtés faibles , et qu'on n'en montre que la moitié , la réponse aux objections se rejette dans la moitié qui reste cachée.

Xes grands et les petits mystères se subdivisaient encore , et dans chaque subdivision la doctrine changeait f sans que ces variations détruisissent toutefois dans l'esprit des initiés le respect et la confiance. Les barrières qui séparaient les diverses classes mettaient obstacle à leurs communications réciproques , et les explications allégoriques éludaient les contradictions qu'elles ne

' (ij AuGusT. Civ. Dèî, IV, a;.

(a) « Eleusis seryat quod ostepdat reYÎsentibus. i> Sbitbc. Quacit. Nat., Vn,3i.

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