CHAPITRE PREMIER
Observation préltmmaire.
Nos lecteurs s'attendent probablement à rencontrer , chez les Scandinaves , un polythéisme très-diflFérent des croyances de TOrient et du Midi, et même de la religion grecque , soit grossière , telle qu'Homère nous la présente, soit épurée ,.
telle que Sophocle nous la fait connaître. Cette supposition est naturelle. Le caractère , les habitudes, les mœurs, les passions des peuples du Nord les distinguent , sous beaucoup de rapports , des nations qui habitent des zones plus heureuses , des terres plus fertiles. Nous ayons déjà reconnu cette vérité (i) ; mais nous ayons ajouté que, si le Midi était le domaine du sacerdoce, le Nord ayaît été sa conquête. Or , l'intérêt du sacerdoce étant le même , les lois auxquelles son intelligence est soumise (2) étant identiques dans tous les climats, il doit en résulter pour la religion, publique ou secrète , populaire ou scientifique , des conformités qui seraient inexplicables , si elles ne remontaient à cette cause. On yerra qu'en eflFet le Scandinave , qui n'existait que pour la guerre et pour la rapine , a eu néanmoins , sous des formes plus âpres , les mêmes pratiques , les mêmes dog-: mes , les mêmes cosmogonies que l'Indien , qui ne respire que la douceur , la mollesse et la paix. Le problème se résout facilement , quand les faits démontrent que toutes ces choses furent importées. Qu'on ne s'étonne donc point, si nous n'apercevons d'abord , dans le polythéisme Scandinave , qu'une cr(fyance assez pareille à celle des Grecs homériques , et plus tard une religion peu difie-
'(i)'V. t. lï, IÎ7. iv/ch.'a.
(2) V. t. m, JÎT. VI, cfcu^/p. 13-14.
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rente ^ dans ses bases, des opinions orientales et méridionales. Nous ne prétendons point que tous les peuples se soient ressemblé ; nous ne contestons pas que la religion se soit modifiée , suivant le climat et les circonstances. Si , au lieu de notis borner à Thistoire des formes religieuses, nous avions entrepris une histoire universelle , nous aurions eu devoir et mission d'entrer dans le détail de toutes les différences ; mais , obligés de nous renfermer dans notre sujet, et de suivre la ligne qui nou^était tracée , nous n^avonspu les indiquer que sommairement , en ramenant toujours la pensée du lecteur sur les conformités plus générales et plus essentielles. Ainsi , nous avons remarqué que la religion , guerrière dans le Nord , était pacifique dans l'Orient; mais cette diversité de caractère n'a changé que peu de chose à l'action des prêtres , n'a limité qu'accidentellement et par intervalles la puissance qu'ils ont exercée , et ne les a point empêchés d'introduire , dans la croyance du peuple , les dogmes qui leur étaient favorables, et, dans leur doctrine occulte, les notions vers lesquelles leurs méditations les avaient conduits. Cette explication préalable étant bien comprise , nousne craindrons plus d'être accusés d'une erreur, ^que nous avons trop souvent reprochée à des écrivains d'ailleurs recommandables , pour ne pas avoir mis tous nos soins à l'éviter nous-mêmes ; et nous peindrons avec fidélité , sans redouter le soupçon d'une partialité aveugle pour un système
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exduaif , l'autorité du sacerdoce, chez les Seau-* dioaves, après leur seconde rëyolutiop religieuse , comme presque aussi étendue qu'^e l'ayait été chez les Égyptiens,
UTBK XIY, GHAPITftE II. Sq