CHAPITRE II
Comment les Scandinaves passèrent du fétichisme au polythéisme.
Nous nous étions proposé , en commençant cet ouvrage, de réunir dans un seul livre tout ce qui a rapport a la religion de la Scandinavie. Mais nous avons été forcés, à plusieurs reprises, de puiser dans cette religion des £aits destinés à prouver nos assertions sur les cultes soumis à la direction sacerdotale.
Il en résulte que beaucoup de choses qui devaient ici trouver leur place , sont répandues dans nos quatre précédents volumes. Nous avons dû les supprimer , et nous ne traiterons de la composition et de la marche du polythéisme du Nord , que sous un point de vue général et d'une manière fort abrégée. ^
La Scandinavie comprend spécialement le Danemarck, la Suède et la Norwége (i).
(i) Ces contnfes sont désignées par Tacite sous le nom de Germanie, et plusieurs des faits qu*il rapporte doivent s'appliquer aux Scandinaves aussi bien qu'aux Germains. Cependant , lorsqu'il est en contradiction avec des auteurs d'une autorité incontestée, il faut, comme l'a observé avant nous un historien qui n'est pas sans mérite, préférer leur témoignage, et restreindre ce qu'il dit aux portions de la tiermanie les plus connues des Romains.
Nous avons prouvé, par des faits nombreux, que la première religion des habitants de ces contrées fut le fétichisme (i). Nous écarterons donc les détails. Nous rappellerons seulement en peu de mots que les premiers dieux des Scandinaves paraissaient sous la forme d'animaux, de taureaux, de vaches , de serpents , de lézards , pour lesquels ces peuples avaient une afiection toute particulière; ils nourrissaient avec soin ces dieux domestiques, leur offraient des sacrifices. Ces dieux se laissaient voir dans les songes, sous les dehors de choses inanimées; ils préservaient leurs protégés des périls , et leur révélaient leur destinée future. Certes, c'est bien là le fétichisme.
Les Scandinaves passèrent de cette croyance au polythéisme , de la même manière que 4es Grecs , c'est-à-dire , par l'arrivée d'une ou de plusieurs colonies.
Il paraît certain que les plus anciennes de ces colonies n'avaient qvLe des chefs guerriers pour guides , et qu^aucun sacerdoce n'en faisait partie , de même que lë^ sacerdoce de Phéoicie ou d'Egypte n'avait eu aucune part aux migrations égyptiennes ou phéniciennes, débarquées en Grèce.
La seule différence qu'on remarque , c'est que les colonies, auxquelles la Grèce dut sa civilisation , se fondirent avec les indigènes , sans les as-