LIVRE XIV, CHAPITRE II. q
conquis de la relig;ion professée par les vainqueurs , mais conforme à la progression naturelle de la croyance des vaincus ; tandis que le premier polythéisme des Grecs avait été Tamalgame pacifique du fétichisme des sauvages , avec le polythéismie des colons les plus policés.
D'ailleurs , les dieux de l'Edda , comme ceux de la Grèce, ne isont que des êtres puissants et forts, protecteurs ou ennemis des mortels , suivant leurs fantaisies ou leurs intérêts , et souvent exposés à porter la peine de leurs préférences ou de leurs inimitiés capricieuses. Ils descendent du ciel, avides de sang et se complaisant dans le carnage. Ils sont tour à tour vainqueurs ou vaincus ; les héros les défient ; de simples guerriers, des géants surtout, les blessent ou les contraignent à prendre la fuite (i). Des magiciens se jouent d'eux par leurs enchantements (2).
(1) Loke, enlevé par un géant transformé en aigle , n'échappe au trépas qu'en promettant de livrer la déesse Iduna qui rajeunissait les dieux. (Edda, 5i« fable.) Odin et deux autres dieux voyageaient ensemble. Ils tuèrent le Bis d'un géant. Les frères du mort se saisirent d'eux, et les forcèrent à se racheter. Il est vrai que les dieux se parjurèrent.
(a) Thor et Loke avaient pénétré dans le pays des géants. Le roi Ae ce pays les invite à se mesurer avec ses sujets. Loke se vante^ . qu'il engloutira tous les mets qui lui seront présentés : mais le géant qu'on lui oppose dévore à la fois les chairs et les os des animaux déposés sur la table royale. Thor ne peut finir une coupe qu'il s'était offert à vider d'un seul trait. Il essaie vainement de soulever un chat qui, malgré ses efforts, demeure immobile; et Thialf, compagnon de Thor, est vaincu à la course par un rival qui le laisse loin
g8 DE LÀ RELIGION,
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