‹ De la réparation des vieilles reliuresChapitre 23 sur 55 · DU NOIR D*1MPRESSI0N, ETC · texte numérisé non relu

DU NOIR D*1MPRESSI0N, ETC

chét, comme Fécritare tracée sar nn papier qui boit. Le mieux est de prévoir cette circonstance et d*encoller d*avance les endroits blancs quand Testampe est encore hnmide.

(Voyez la fin da chapitre, article EncoUage.^

Tontes les encres d*impression qu*il s'agit id d'imiter n*ont pas précisément la même nuance : les unes ont plus de brillant que les wtres ; il en est de teinte grisâtre on de cooleur de rouille, etc. L'amateur appréciera, devinera ces nuances , et, par l'addition d'une pointe de couleur nécessaire, saura , s'il a du goût et un peu d'entente , approcher le plus pvès possible d'un raccord parfait.

On peut remplacer l'encre de Chine par le noir dlvoire, également solide, ou par l'encre même qu'emploient les graveurs ; mais , celleci étant peu coulante sous la plume , il faudrait raccorder au pinceau. Un peintre déjà cilé (M. Muller) m'a conseillé le fiel de bœuf flitié de noir de fumée, comme imitant très bien le noir d'impression ; le défaut de cette encre est aussi , sans doute , d'être trop peu floide pour permettre de se servir d'une plume.

C'est avec l'une ou l'autre des matières que

je viens de signaler qu'on peut convenablement rétablir, si Ton est un peu artiste , les traits absents du burin , comme aussi raviver les endroits où d'anciens plis ont, par suite d'usure et de frottement, l^ssé «ne trace blanchâtre.

Fausses marges^ etc. -r* Quand on- veut donner à une estampe défectueuse toute l'apparence d'un parfait état , on ne se borne pas à en raccorder les lacunes ; on lui restitue encore sa marge d'une manière factice, en l'incrustant au milieu d'une feuille où l'on a ménagé un vide suivant le tracé exact de son dontour. En ce cas , on ajuste au verso, avec de la gomme, des bandes de papier qui la. fixent dans cette espèce do châssis. (Voir ait chapi* tre XII, l'article Collage à jour.)

On se contente , lorsqu'il s'agit de grandes pièces, d'ajouter sur les quatre sens de larges bandes d'un papier semblable en tout à délai de la gravure , qu'on colle à la gomnie aux bords du verso. Le remmargfemen( peut, également s'exécuter à l'état humide, par le procédé dit doublage sur fond tendu , décrit ao chapitre précédent. La condition essentielle

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dans ces trois systèmes de marges artificielles, c'est qaé les vergeores et les pontoseaox da papier employé coïncident parfaitement Avec eeax da corps de Testampe , sinon Teffet désiré ne serait pas obtenn .

Pour augmenter encore Vilhision, quelques amateurs ajoutent à la &usse marge une trace lâmnlée de la pression de la planche, trace sommée témoins (4). Le procédé le plus partait consiste à placer sur Testampé emmargée, et à Tétat de moiteur, une planche de métal dépassant d'environ deux millimètres la ligne qui limite le champ de la gravure « et st^ laquelle on exerce une forte pression a l'aide, je suppose, d'une presse a copier. On ne peut mieux imiter l'espèce de bourrelet formée par la planche, puisque cette opération est identique à celle même du tirage.

Quand une estampe, trop rognée, est privée de sa ligne d'encadrement , on y peut tracer, à l'encre de Chine , une ligne factice qui renferme tous les traits limitrophes. Mais je dois

(i) Quand iU^agit d*un livre, on nomme témoint les lN>rdf inégaux des fenilleti non rognés.

déclarer ici que toutes ces petites supercheries ne sont nullement de mon goût. La franchise, notamment dans les questions d'art, doit être regardée comme un devoir, comme un point d'honneur. Je ne passerais mon temps à fai>riquer exactement des marges, des traces de planches et des lignes d'encadrement factices, que dans un seul cas : celui où il s'agirait de mettre de l'harmonie dans une suite précieuse, dont quelques pièces offriraient , relativement à l'ensemble, une choquante disparate.

Je ferai observer ici qu'une estampe Yéritablement rare mérite seule toutes les opérations minutieuses que j'ai indiquées, car on y emploie beaucoup de temps, et, quelque habileté, quelques soins , que l'on y mette , la mieox restaurée ne peut rivaliser, que par exception, avec une épreuve parfaitement conservée sous tous les rapports.

La condition la plus favorable pour bien réparer les estampes, surtout les grandes pièces, c'est la température humide. Les colles, dans cette circonstance, séchant avec lenteur, don-^ nent plus de temps pour les apprêts préliminaires. Quand l'air est très sec, il faut coller

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fort vite , si Ton se sert de gommé ; et , si Ton emploie la colle de pâte, on est souvent dans la nécessité de remouiller les papiers sur lesquels on opère afin de les maintenir à un degré d'humidité convenable.

Encollage du papier. — J'ai signalé plusieurs cas qui entraînent la nécessité d'eiicol- 1er une estampe, soit entièrement, soit en partie, par exemple lorsqu'elle est couverte d'écorchures sur lesquelles on doit faire des raccords. Le papier d'une estampe qui a été soumise à l'eau bouillante a perdu plus ou moins son encollage ; il faut avant tout le rétablir.

Pour encoller le papier, on le trempe dans de l'eau contenant en dissolution un peu de colle de peau, d'alun et de savon blanc. Le savon ne me parait pas fort utile ; l'alun donne à la colle de la fixité.

Plusieurs chimistes ou fabricants de papiers, que j'ai consultés, n'ont pu m'indiquer au juste les proportions du mélange; elles varient suivant la nature et l'épaisseur des papiers. L'excès d'encollage rendrait peut-être le papier cassant; tel est l'effet, je crois , de toute matière qui raidit trop une substance naturel-

lement souple; en tout cas, elle lui communiquerait un brillant défavorable à Teffet de la gravure. La colle de peau , qu'on eitrait de vieux gants et de rognures de parchemin^ peut être remplacée par celle de poisson « qui est plus blanche.

Dans rincertitude où je suis , je fixerai les proportions que je crois raisonnables, et qu'on modifiera au besoin après quelques essais. — Eau, demi-litre; alun cristallisé, 8 grammes; colle de poisson à Tétat sec , 8 grammes ; sftvon blanc , demi-gramme. On fait bouillir le tout pendant au moins une heure.

On peut , quand Testampe est sèche , la retremper, s'il est nécessaire , dans la dissolution chaude, une seconde , puis une troisième fois. La chaleur favorise l'opération en ce qu'elle fait mieux pénétrer le liquide.

Quand on veut encoller une écorchare seule, on applique le liquide chaud au moyen d'un pinceau doux , et l'on renouvelle Topération jusqu'à ce que le papier paraisse ne plus absorber l'encollage qu'avec peine. Si l'estampe grimaçait à cet endroit; et si l'application d'un fer chaud n'y remédiait pas , il

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fandrait remouiller toute la surface à l'éponge, la laisser sécher à demi, puis la mettre en presse, le recto posé sur un marbre bien net.

On peut avec ce même liquide ( ou plutôt avec Talun seul) fixer plus solidement qu*à Feau de gomme les dessins à la plombagine et aux crayons tendres. Il suffit de passer sur la surface, rapidemen et légèrement^ un blaireau très doux trempé dans la composition ; il faut prendre garde d*écacher le crayon, et éviter de passer plusieurs fois le pinceau sur le même point. On met ensuite en presse, comme je Fai dit ci-dessus.

Tai quelquefois encollé des gravures que j^avais soumises à des réactifs qui passent pour disposer le papier à une désorganisation ultérieure plus ou moins éloignée : tels sont les chlorures à Tétat concentré. J'ignore si cette opération peut prévenir un dommage que je regarde encore comme tout à fait hypothétique ; quoi qu'il en soit, cet encollage de précanlion ne saurait nuire.

DM UTAIPEI TIIÉU 8UI DIVIM TIMUL - RÉPIBATIOH DU PUCIUn.

Tout ce que j*ai dit concernant la réparatioii des estampes sur papier ordinaire pent, en plus d*un cas , s'appliquer à celles tirées m papier de Chine, sur satin, sur toile, sur peu blanche, sur parchemin, etc.; néanmoins, fii à consigner plusieurs observations au sujet de quelques-unes de ces matières.

Gravures sur soie et calicot. — L*usage de tirer des épreuves sur satin blanc est assex

ancien et remonte au moins au commencement du règne de Louis XIV, peut-être beau- «coup plus haut. Ces estampes sont môme assez communes; on imprimait spécialement sur satin les thèses philosophiques et les images de dévotion, quelquefois aussi des portraits dus à d'habiles graveurs. J'en ai traité quelques-unes absolument comme s'il se fût agi de papier ; je les ai blanchies au chlore , détachées et redressées à la presse par les procédés ordinaires. Je ne sais trop le meilleur moyen à employer pour reboucher les lacunes avec netteté, au moyen de morceaux d'une étoffe qui s'effiloque si aisément.

Le mouillage ne fait pas perdre au satin tout son brillant, et bien des taches doivent glisser plus aisément sur sa surface lustrée que sur celle grenue du papier. Quant à. celles qui ont assez profondément pénétré ce tissu, on peut essayer les .agents chimiques indiqués pour le papier, ou consulter les nombreux ouvrages qui traitent du nettoyage et du dégraissage de la soie. On y verra que la soie blanche enfumée perd en partie sa teinte jaunâtre au contact de la vapeur du soufre. La benzine

i78 ESTAMPES SUR DIVERS TISSUS.

doit aussi enlever sur la soie, sans en altérer le tissu, les taches de graisse, de cire, de résine, etc.

Mais je sortirais de mon sujet si je consacrais un long chapitre à un genre d*estampes qui est une exception. Aujourd'hui, en fait de gravures tirées sur soie , je ne connais guère que des foulards, produits rococos qa'apprécient certains fashionables américains.

Je ne ferai que mentionner les estampes tirées sur calicot : ce sont des cartes géographiques, des portraits de personnages en vogue, des plans de ville qui servent à la fois de guides et de mouchoirs. Tous les procédés signalés pour le nettoyage des gravures sur papier peuvent s'y appliquer, car c'est la môme matière autrement façonnée. Le calicot a sur le papier un avantage : on peut le frotter et le tordre.

Mais je m'arrête : ces chefs-d'œuvres indsstricls ne sont pas de ma compétence, pas ploi que les assiettes lithographiées , leur nettoyage rentrant dans les attributions des blanchisseuses et des laveuses de vaisselle.

Une dernière observation : c'est une idée

peu heureuse et nullement artistique que le tirage d'une remarquable gravure sur des tissus très dilatables, sujets, dès qu'ils ont perdu leur apprêt, à déformer les dessins qu'on leur a confiés. J'ai rencontré des épreuves sur satin de bonnes estampes du XVIP siècle , qui grimaçaient d'une façon grotesque, étirées qu'elles étaient sur un carton rigide par une main inhabile.

. Gravures sur fonds de couleur. — J'ai vu deux ou trois estampes tirées sur satin de cou* leur ; mais le cas d'une vieille gravure sur papier coloré s'est rarement présenté ; de nos jours, on ne tire guère sur fond de couleur que des estampes destinées à décorer la couverture d'un livre.

On pourrait croire, au premier coup d'œil, que la variété dans la couleur du fond doit imposer de nombreuses modifications aux procédés ordinaires; mais la question sera bientôt éclaircie. Ou cette couleur céderait tout de suite à un agent qui ramènerait le papier au blanc, ou bien elle serait tout à fait inattaquable, comme le bleu de cobalt. Dans ces deux cas , ou n'aurait nullement à s'inquiéter du fond, et les

résultats seraient les mômes que s'il était blanc. Ce raisonnement peut également s'appliquer à la question des satins ou calicots de toute couleur.

Du reste, si Ton tenait à conserver le papier rose ou vert, etc., qui sert de fond à une gravure, il serait probablement facile de raccorder avec la teinte générale les places blanchies par l'application d'une substance chimique.

Je mentionnerai en passant les estampes ovm livres tirés à l'encre rouge, bleue, etc. EUe«^ peuvent subir, tout aussi bien que si Vi était noire , les procédés indiqués pour le dé« tachage et décoloriage. L'huile qui entre dam la composition de ces encres de couleur 1( protège contre l'action des substances cbimi — ■ ques, excepté contre celles de nature alcaline, ou autres qui dissolvent les huiles , telles que l'éther, la térébenthine et la benzine.

Gravures sur peaux et parchemins, ^^ J'ai TU plusieurs fois des gravures du siècle de^ nier tirées sur peaux d'agneau, de daim, etc. De pareils tissus ne seraient pas, je crois, faciles à manier à l'état humide, et ne pourraient jamais reprendre en séchant ni leur état pri-

mitif ni une teinte uniforme. Je ne cite au reste ces exceptions que pour mémoire.

Les gravures et impressions sur divers parchemins (1) sont assez communes. Elles se manient comme celles tirées sur papier, plus aisément même, en ce f cjdis qu'elles ne se déchirent pas quand elles sont mouillées, et qu'il ^t t>ermis jusqu'à un certi^n point de les chiffonner et de les tordre ; mais les taches de toute sorte ne peuvent pas toujours , il s'en faut de beaucoup , céder aux procédés ordip- Jiaires.

Si je trouve un jour le temps nécessaire, j'OBtceprendrai une série d'expériences sur la .restauration des vieux parchemins ; cette matière nous a conservé tant de précieux monu-

(f ] Od doit distinguer au moins trois sortes de par- -chenins : le parchemin ordinaire, formé de peau de .nouton; le vélin, fabriqué avecceUe du veau, plus ferme, plus lisse , plus. homogène; enGn, la peau de chevreau parcheminée, d*une extrême finesse, destinée, au XIV" siècle , aux bibles compactes et portatives ou aux livres d'heures de très petit fbrmat. On fabrique eDcore aujourd'hui, à des prix très élevés, des vélins et des parchemins de chevreau.

ments historiques qu'elle mérite bien, en retour, qu'on se livre à des essais favorables à sa conservation.

J'ai fait plusieurs tentatives pour ôler sur du parchemin certaines taches on couleurs qui disparaissent aisément sur le papier ; mes résultats ont été d'autant plus imparfaits qne je ne pouvais agir à chaud. Presque tons les agents chimiques, acides ou alcalis, employés à l'état liquide , salissent le parchemin ou lui communiquent une transparence cornée très peu agréable à l'œil; j'ignore s'ils en altèrent la substance, mais assurément ils détruisent l'apprêt qui en rendait la surface lisse et d*an blanc opaque. Pour faire un travail utile sar ce sujet, il faudrait commencer par se mettre au courant des anciens procédés usités pour la préparation de cette matière animale.

La benzine ne laissant aucune trace sur le parchemin , je la conseillerais pour Tenlèvément des taches d'huile ou de graisse, de préférence à la potasse et à l'ammoniaque, qui en salissent un peu la surface ; je ne sais, au reste, si l'on réussirait à détruire complètement les taches qui ont pénétré Tépaisseur de la petv.

Pour blanchir ou du moins éclaircir le parchemin très enfumé d'une estampe ou d'un feuillet imprimé, on emploiera une dissolution très faible de chlore ou de chlorure de chaux. Peut être suffirait-il, en certains cas, de l'exposer à sec aux vapeurs du chlore. Peut-être aussi parviendrait-on à le désenfumer, comme la laine et la soie, par le contact du gaz sulfureux. •

Parlons maintenant de la restauration du parchemin sous le point de vue mécanique.

Gomme ces peaux, à l'état humide, sont à la fois souples et résistantes , on peut en faire disparaître sans peine toutes les souillures qui cèdent au simple frottement : telles sont les taches de boue, les traits au crayon , etc. En certaines circonstances , je le répète, on a la faculté de les froisser comme des morceaux d'étoffe; mais, sous plusieurs autres rapports, le parchemin est très difficile à manier. On ne parvient pas toujours à le redresser, à le dou* hier, aie rapiécer, à en raccorder les déchirures. Il n'est donc pas seulement rebelle aux procédés chimiques, il résiste encore aux opé- ^tions qu'on pourrait nommer chirurgicales.

D'abord, en qualité de membrane, il est très sensible aux influences hygrométriqncs ; il se dilate inégalement par une température humide, et se recoquille plus ou moins par le temps sec. Ajoutons que la con texture d'une feuille de parchemin ordinaire est peu égale, peu homogène ; sa superficie est ici mince, là épaisse ; d'un côté elle a presque le poli de la porcelaine , de Tautre elle est rugueuse et comme écorchée. En général la colle de gluten ou la gomme arabique n'y adhère pas avec une ténacité suffisante; les pièces rapportées se détachent quelquefois spontanément (surtoat quand la température est très sèche), repoussées par une surface trop onctueuse. Il faut nécessairement recourir, pour les diverses réparations , aux colles gélatineuses (1) appli*

(1) Voici comme on prépare toutes les coUes gélatineuses : on en laisse ramollir des morceaux , pendant douze heures, dans deux fois environ leur poids d*ean; ils se présentent alors à Tétat de gelée. On Uquéfii cette gelée en posant le vase qui la contient au-dessui d'une flamme quelconque ou de quelques charbons. La chaleur ne doit agir que sur le fond du vase, sinon Toa grillerait une portion de la matière, qui formerait des'

RÉPARATION DU PARCHEMIN. 'i88

quées tièdes, car Fexcès de chaleur humide sied mal au parchemin.

On ne saurait , bien entendu, soumettre le parchemin aux opérations qui exigent remploi prolongé des liquides bouillants; il perdrait bientôt la gélatine qui lui donne Télasticité ; il ferait désorganisé, métamorphosé du gelée, puisque c^est par rébuUition des peaux qu^on obtient la colle forte et les autres colles de même nature.

La réparation à Tétat humide et à froid des déchirures et lacunes du parchemin est donc pour Tamateur une véritable source de Inbulations. S^ilmet sécher en presse cette membrane revéche, dès qu^elle est libre, sou** vent elle tarde peu à reprendre ses anciens plis. Ici une pièce se décolle, là une autre fait grimacer la surface générale.

grumeaux. Le procédé le plus parfait est celui du bainmarie. (Voyez page 55.) L'été, la chaleur solaire suffit pour liquéfier la gélatine prise en gelée. En cette saison, on y ajoutera un très petit morceau de camphre pour prévenir la putréfaction. J*ai essayé d'une colle>f6rte liquide qu*on employait à fh>id : elle m'a paru détestable entant que fétide.

ÏPour redresser le parchemin , le mieux est de recourir au système de séchage à fond tendu. Gomme il se retire plus dans un sens que dans un autre , on devra, avani d*aju8ter des pièces , faire coïncider leur sens élastique avec celui du fond.

Quand on Taura fixé par les bords , el à la colle-forte, sur une planche ou sur un carton , on le laissera longtemps et très lentement sécher ; on ne saurait prendre trop de précautions pour éviter une dessiccation rapide et artificielle. Mais, en dépit de tous les soins, on ne réassit pas toujours à faire entièrement disparaître ses rides et ses ondulations, à cause, je lé répète, du peu d'homogénéité de son tissu. Plus la feuille sera grande, plus elle aura de chances de goder.

Pour mouiller convenablement le parchemin, il n'est pas besoin de le faire tremper dans une bassine. Il suffit d'ordinaire de passer sur chacune de ses faces ou même sur une seule une éponge légèrement imprégnée d'eau.

Mais, si Ton devait Thumecter avec la condition de n'exercer aucun frottement sur sa surface (par exemple quand il sert de fond à derma-

RfiPAlUTION DU PARCHEMIN. 187

ascales gouachées) , il faudrait suspendre le èoillet isolé dans nn lien hnmide pendant (uelqnes heures, ou encore Texposer à la valeur aqueuse, ayant soin de le tenir loin du oyer qui produit Tévaporation , car il se cris- )erait à rapproche du feu. Au bout de quelpies minutes , il aura contracté assez de moienr et de souplesse pour se prêter à Topéraion du redressage.

Nettoyage des manuscrits sur parchemin, — Que le lecteur me passe une digression qui ntéresse spécialement les bibliophiles. Il ne ;era pas ici question des anciennes gouaches ntercalées dans ces manuscrits (j*en parlerai à a fin du chapitre suivant), mais du texte tracé L la main à Taide de Tencre ordinaire.

Disons d'abord qu'on peut attaquer les ta- :he8 d'huile ou de graisse qui les souillent sans nraindre d'en effacer les caractères, puisqu'ils N>nt formés en général d'un noir à base de l^ate de fer, redoutant peu l'action des aïolis et des huiles essentielles. Malheureusenent, c'est le parchemin lui-même qui peut m souffrir, si l'on prolonge trop l'opération, jomme l'application partielle d'une solution al-

488 K.HTANI>K!I HUII DIVKItS TIMUK.

cnlino y IniftBnrnit uun ftortn do tachOf il vaut niimix on irnprrKnor In feuillotentior.

La hcnzitin rrnlU^rnnt sonsiblomotit ni le noir dornncni ni In purchomin , on emploiera donc d*nbord cntto HubHtnnco dn pniféronco ft la po« tnsHo, qui fnit tntirnnr ou noir nu rortgo-bifttro. NfianmoinR, ni l'iisnKo do cet nlrnli devient nécesHniro, il Hofflrn . jo pcnHo, pour rétablir li roulniir do Toorro, do jotor sur In portion Oû il nurn n^i (|uol(|unH gonltoH d*oou acidulée.

Qnnnd on vnliwn mv lo parchomin dea tar.hoN ou doH roulourH, Hoit avec lo chlore , soit nvor. IVau do Jnvollo ((pii no pout ici nuire commo lorN(pron rnppliquo Kur lo noir d*iinproHflion), il ckI rnrtain qno Toncro tournerai la ronillo; nmin il y a pour la raviver un refn^dn qno jo Hi^nalcrni biontAt. J*ai dit plan haut qno Ion nridoH nlt^ront Tapprét, ainonli NubHtnnro dn parrhoniin ; oopondant, lour inte^ vontion pouvant Honio opc^or la disparition de corlainoH tnolioH, on dovra bm employer. Dtt roHto, jo oroift quVn nginNiint avec di8crétion« il nVn ri'mnltorn qu*nn li^gor mal.

Parviondrnit-on h diHruiro radicakment sur un mnnnurrit Ion flnqnof* d*oncro qui souvent

BÉPABATION DU PARCflEMIll. 180

s'y troweni par accuJ il et cachent une poi^ tion de texte? Radica ;ment, non , pnisqnHl n'est pas permis de tre er le parchemin dans nae solution bouillante d*acide oxalique ; mais on réossira à atténuer cette tache en Timbi* battt de chlorure de chaux ou d^eau de Ja^ fdie. Le pâté se réduira à une teinte légère d*ua jaune plus ou moins accusé. En môme temps, Veoert du texte aura perdu la vivacité de son noir, mais il sera possible le plus souvent de dédiiRrer les lettres que couvrait la tache , et , quand le parchemin sera sec, on les rétablira lofl à l'encre de Chine, soit même à Tencre ordinaire , supposé que les traces des substances iéocriorantes employées aient disparu complètement. Quant à la teinte jaunâtre qui aura inrvécu à la tache , on la laissera telle quelle. Notons ici que Tindélébilité des traces dé- [KMées sur les vieux parchemins par Toxyde de ier que contient Tencrc à base de noix de galle I sauvé la moitié peut-être de nos anciennes chroniques, en ce sens que les tentatives faites M>ur rendre la blancheur au vélin chargé d'ésriture ont toujours échoué. Sans cette circonrtancc, la spéculation aurait détruit toutes les

190 r.MTANPKM llUa lllVKn» TIMUg.

|)i<)ccii curiauHOH, ti cou époque» oft ni peu da pnriotine» m comprotmiout la vnlour. Gonimo on trnn poiivnit fairn du parcliomin nouf ni lei utili»i)r couiiiio coml)UMtil)lâii, an loi laUiitil vivre ou on lim otnployuil k Ih roliuro doi Uvroi ot b divnrN nutroN UHngON. Ainni, do nog Jour», on n rotroiivi^ proiititto intacU d*ancionM comptoN (ou riirtuliiiroH) convorti» en gnrgouifei. Kn tout, lu nml n non l)on cdiù : je vais en donnar unu nutrn prnuvn,

On pout tirrr pnrti do l*mlhéronce opinlAtre nu pnrclinniin niniii qu*ttu pnpior du Toxydede for. On rrnrontro fri^quoniniont do» tnonuicriti ou <loH dimNiuft indi'tclûffrakloM pnrce que Tenrro on u pAli t\ M point qu*il n*ân reste plu» di vi'HtigoH, du nioin» on nppnronce. C*o»t un e(« fot du tonip», ou plutôt do l*notion do oertaloi gnx (|ui »o tnl^lont fc l^iiir »oun cortnino» influencon, Or il on NiiliHlNto du» trncoM latente» sur 11 »urfHno ou niAnio h uno oortnino profondeur da l*(^pniNNour du pnrrhoniin. Pour raviver eoi trait» in»aiHiM»ul)loM d WvH , on a rocour» à uni Molution d*acido galliquo, ucldo extrait de 11 noix do gallu, ot <:riHtalli»<} sou» forme d*»i' guillo» KoyouHc». Je citerai b ce »ujet irs pu-

miimits extraits des itedberdbet ekimi* mr Femert par G. N. Alex. Haldat, I80S.

MIT s^exprîme aiosi, pages i5 el S6 :

/encre moderne , quoique imparfaite d*ail* ni« a cependant ravantage* dans le plus nd nombre des circonstances, de laisser A Tépaisseur du papier des traces inTisî- I qii^on peut ressaisir par des moyens chipies... Les altérations que Tinfluence de BMisphère et lliumidité produisent sur les itnres, se réparent au moyen de Tadde lîqne. En plongeant le titre altéré dans \ dissolution dumde de cet acide, et l'y ■ant quelque tem/is, le fer qui a pénétré iMid, ou qui a pris une couleur faible à sa fakoe, est de nouveau précipité en noir; et Apier, loin d'en être altéré , reprend une Evdle solidité. La couleur rouille, donnée L écritures par les alkalis , soit sur papier t sur parchemin , peut être corrigée par ide sulfurique faible; Tacide gallique, idu libre « se porte de nouveau sur le fer, et iblit la couleur. » Le même auteur avance si Tencre a été altérée par une forte dose de sulfurique « nitrique ou phosphorique ,

la restauration est impossible. Il ajoute plus loin (page S9) : « On peut, à Taide du prus^ « siate de potasse , restaurer les écritures alté* « rées par Tacide muriatique-oxygéné (chlor- « hydrique) ; on doit opérer par immersion. » Page 31 , il s'exprime ainsi : « En versant de « Tacide nitrique ou muriatique-oxygéné sur « de Tencre , on la décolore; et en versant de « Tacide gallique sur le mélange , non-seule- « ment on rétablit la couleur, mais on en forme « de véritable encre. »

On comprend que, si Ton tentait de raviver par ce moyen un texte qu'aurait maculé une large flaque d'encre , Tacide gallique ramènerait en môme temps cette tache , dont la partie ferrugineuse aurait survécu. Peut-être, si avant d'opérer on imbibait de cire , des deux côtés, la place où s'étalait la tache, parviendrait-on I la soustraire à l'action recolorante de cet acide. Le texte du feuillet rétabli , on enlèverait facilement la cire au moyen de la benzine. On agrrait de même d l'égard do toute substance qui laisse une trace d'oxyde do fer, telle que le bien de Prusse , la sépia, etc.

Cette propriété de l'acide gallique, à part

m^TAIATIOR DO PAlGHEMOr. IM

eonstanoes exceptionnelles qne j*ai sis, est assurément nne précieuse res* t en bien des cas ; mais, par malheur, à 1 du parchemin, elle me parait offrir des 'énients : cet acide, à chaud surtout, ai attaquer Tapprét et même le tissu ; te, je n'en ai pas fait l'expérience. Quant application au papier, elle n'entraînerait e conséquence fâcheuse, à moins qu'on affidre à du papier contenant dans sa les traces d'oxyde de fer.

mot sur le blanchiment des vieux mails sur parchemins enfumés, n est peressayer, comme je l'ai dit plus haut, le ), l'eau deJaveUe ou le gaz sulfureux, iloi de ce gaz, ainsi que celui des chlo- , Un sans aucun doute tourner l'encre au ; mais qu'importe , puisque nous avons, en rétablir la couleur, le secours de l'aci- Ilique et du prussiate de potasse?

is

lESTAUUTIOH DES DESHM M TOUTU SOMI

Tout ce qu*on a lu précédemment au su, du nettoyage des estampes peut, en bien i cas , s'appliquer aux dessins ; mais il y a ^ exceptions à signaler. Cette matière réclai au moins un chapitre à part.

Dessins à la plume. — Un dessin de genre ^ exécuté soit à Teucre de Chine, 8 avec toute autre matière ou couleur ineffa ble, ou du moins très difficile à décompos peut se traiter en tout comme une gravure

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